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D’un saut à l’autre, Gabby Daleman vise les plus hauts sommets

Jetez un coup d’œil au compte twitter de Gabby Daleman et l’inspiration qui s’y trouve vous coupera le souffle.

Le fil de tous ces gazouillis est facile à déchiffrer.

« Le plus grand plaisir dans la vie est d’accomplir ce que les gens disent que vous ne pouvez pas faire », dit-elle dans l’un d’entre eux.

« Dites-moi que je ne peux pas, puis regardez-moi travailler deux fois plus dur pour vous prouver le contraire. #WatchMe », dit un autre.

Et ceci : « Aucun ascenseur ne mène au succès. Vous devez prendre l’escalier. »

Il en a toujours été ainsi pour la patineuse âgée de 16 ans qui s’entraîne à Richmond Hill, en Ontario. Elle ne laissera rien lui mettre des bâtons dans les roues.

Une fracture de stress au pied droit, la saison dernière, a entravé ses efforts aux Jeux olympiques (elle s’est classée en 17e place). Et, alors qu’elle se préparait à participer à la compétition Thornhill Summer Skate, Gabby a contracté une angine streptococcique. Sa gorge engourdie, elle a exécuté son programme court sur la musique de Quatre Saisons de Vivaldi – vêtue d’une robe blanche bordée de dentelle et a réussi un triple saut de boucle piquée-triple saut de boucle piquée et un triple flip. Elle exécutera le triple Lutz-triple saut de boucle piquée durant le reste de la saison. Elle a signalé qu’elle avait atténué sa combinaison parce qu’elle voulait se concentrer sur la note des composantes à Thornhill. Elle travaille également à un triple Salchow-triple saut de boucle piquée.

Le programme long, pour lequel sa capacité de respirer était plus importante, a été plus difficile. Patinant au son de la musique vocale Aranjuez, elle a obtenu 103,36 points.

Peu importe qu’elle ait raté un saut, roulé et viré vers l’extérieur pour d’autres. Elle portait des chaussures de patins dont la durée utile s’achevait. La façon dont Gabby s’entraîne, elle les use en un rien de temps. Il semble qu’il n’y ait pas de chaussures pour femmes au monde qui puissent résister à sa farouche détermination de réussir.

Gabby a admis qu’elle avait brisé les chaussures de patins qu’elle portait à Thornhill, le lundi précédant la compétition. Elle doit en obtenir une nouvelle paire et elle se procurera une deuxième paire en septembre, qui sera en effet très différente. Les chaussures seront faites sur mesure pour elle, en Italie, et fabriquées à partir d’un modèle plus robuste pour hommes. Lorsqu’elle obtiendra ces patins, ce sera la première fois qu’elle possédera deux paires à la fois. Elle ne court aucun risque. Elle aura un mois pour s’y habituer avant les Internationaux classiques d’automne de Patinage Canada, qui auront lieu à la mi-octobre, à Barrie, en Ontario.

Après tout, elle affirme mettre audacieusement le cap sur la victoire aux Championnats nationaux de patinage Canadian Tire, cette année, et elle travaille à l’exécution d’un triple Axel.

Cet été, Gabby a déjà usé trois paires de patins. Peu après ses exploits internationaux, le printemps dernier, le talon s’est détaché de l’une de ses chaussures. Celles qu’elle portait à Thornhill n’avaient été utilisées que pendant environ sept semaines.

« Ce n’est jamais arrivé auparavant », a-t-elle affirmé. « C’est simplement parce que j’ai travaillé à mes sauts et ma vitesse ainsi qu’au triple Axel, donc plus de sauts et des sauts plus élevés. Il faut juste plus de rembourrage sur les patins. »

Elle soutient qu’elle s’entraîne aux triples Axels environ une heure par jour – pendant environ 20 minutes par séance. Elle a réussi ce saut dans le passé, mais maintenant elle peut en réussir 9 ou 10 sur 10 tentatives, à l’aide d’un harnais. Actuellement, elle triche la réception par environ un quart ou une demi-rotation sur la glace. « C’est vraiment bien, parce que nous n’avons commencé qu’il y a environ deux semaines », a-t-elle mentionné, à Thornhill.

Le saut, rare pour les femmes, fera partie de son programme cette saison, dit-elle. Seulement cinq femmes dans l’histoire ont réussi le saut en compétition : Midori Ito, Tonya Harding, Yukari Nakano, Ludmila Nelidina et Mao Asada. Au cours de la dernière décennie, Mao a été la seule à tenter le saut difficile.

De nouveau, Gabby s’est tournée vers Lori Nichol pour trouver des moyens d’obtenir des juges autant de notes pour les composantes que possible. Gabby aime beaucoup son programme libre sur la musique d’Aranjuez. La musique vocale ne la distrait pas; elle la transporte.

« Ce que j’aime, ce sont les paroles », a déclaré Gabby. « J’ai vraiment l’impression que je peux faire ce programme, comme un programme de spectacle. Je m’amuse. »

« C’est une histoire d’amour et je l’aime parce que la musique ne va pas plus vite, elle devient juste plus intense, donc elle repousse vraiment mes limites ».

Aranjuez est une petite ville en Espagne, où Joaquin Rodrigo a écrit la musique pour la chanson de renommée mondiale en 1939. Les amateurs de patinage artistique ont entendu la magnifique musique envoûtante plusieurs fois, mais pas les paroles exquises. Elle commence comme ceci : « Mon amour, sur l’eau des fontaines, mon amour/Ou le vent les amènent, mon amour/Le soir tombé, qu’on voit flotter/Des pétales de roses. » Et de là, elle devient plus mélancolique.

Aussi belle que soit la musique, Gabby va travailler très fort tout au long de ce programme. Au lieu d’inclure trois sauts dans la seconde moitié, comme l’an dernier, elle en mettra cinq. (Pas étonnant qu’elle ait eu de la difficulté à respirer à Thornhill). Elle estime qu’elle n’était prête qu’à 70 pour cent à Skate Detroit et à 85 pour cent à Thornhill. Ceci l’encourage; elle s’améliore.

Les Canadiens ne verront pas Gabby aux Internationaux Patinage Canada, à Kelowna, en Colombie‑Britannique, cette saison. Après les Internationaux classiques d’automne, elle se préparera en vue de la Coupe de Chine et du Trophée NHK.

Elle amorce cette saison, ayant tellement appris de sa dramatique saison olympique (elle porte encore sa veste d’équipe). « Il nous suffit d’établir nos buts et de ne pas trop nous attendre de nous‑mêmes », dit-elle. « Nous sommes tous des êtres humains et il faut avoir du plaisir avec notre patinage. Montrez simplement aux gens ce que vous faites chaque jour et combien vous aimez le sport. »

Aux Championnats du monde, elle souffrait de syndromes de stress tibial aux deux jambes et de la fracture de stress. Elle y est allée doucement et a pris le temps de profiter de sa participation. Ceci a semblé fonctionner. Elle a terminé en 13e.place. « J’ai juste essayé de me détendre et d’avoir plus de plaisir, sans m’inquiéter de quoi que ce soit », a-t-elle signalé. Il semble que ce fut une bonne stratégie.

Bel avenir en perspective pour Kaetlyn Osmond et Gabby Daleman

La championne canadienne Kaetlyn Osmond et la médaillée d’argent nationale Gabby Daleman garderont beaucoup de souvenirs et auront tellement appris de leur expérience olympique à Sotchi.

Ni l’une ni l’autre n’a réussi à atteindre son but : Kaetlyn espérait un classement parmi les dix premières places (elle a terminé 13e) et Gabby aspirait à se trouver au nombre des quinze premières (elle est passée au 17e rang après avoir terminé 16e dans le programme libre), mais cet événement se voulait une expérience d’apprentissage pour le prochain. Et, elles en ont eu plein la vue.

D’une part, Gabby a pu écouter les conseils de la médaillée de bronze, Carolina Kostner, qui, comme elle, travaille avec la chorégraphe Lori Nichol. « Elle est une personne magnifique », a fait remarquer Gabby à propos de Carolina, qui est son aînée de 11 ans. « Elle est une merveilleuse patineuse et j’aime la regarder. »

Carolina a donné de bons conseils à Gabby durant ses voyages à Toronto : « Même si les sauts ne se déroulent pas comme tu le voudrais, n’abandonne jamais ton programme », lui a dit Carolina. « Patine toujours avec ton cœur. »

Carolina a suivi ses propres conseils, exécuté deux programmes de haute qualité et a finalement obtenu le résultat olympique qu’elle recherchait, à sa troisième tentative. Cette médaille de bronze était sa première médaille.

Adelina Sotnikova a mérité l’admiration de la foule locale avec 224,59 points, vainquant la championne olympique en titre Yuna Kim, dont le programme était mémorable. Yuna a fini avec 219,11 points, tandis que Carolina a obtenu 216,73 points. Carolina a admis qu’elle était complètement exténuée par la suite.

« Ce fut incroyable d’être ici et j’étais honorée d’y être », a-t-elle affirmé. « Ce fut un rêve de patiner dans une compétition de rêve et c’était ici aux Jeux olympiques. »

Adelina Sotnikova a été la première femme russe/soviétique à remporter la médaille d’or olympique et seulement la quatrième à le faire dans son propre pays, suivant les traces de Madge Syers, de Grande-Bretagne, en 1908, Carol Heiss en 1960 et Sara Hughes en 2002.

Adelina est aussi la plus jeune médaillée de Russie dans une épreuve en simple. Âgée de 17 ans et 234 jours, elle a battu le record d’Evgeny Plushenko, soit 19 ans et 103 jours. Sa note a été la deuxième plus élevée pour les femmes jamais enregistrées.

Kaetlyn a amorcé son programme de Cléopâtre, pleine d’énergie, réussissant un triple flip – double saut de boucle piquée et un puissant double Axel – triple saut de boucle piquée. Elle a ensuite doublé un triple flip et a fait une chute sur un triple saut de boucle piquée. Mais, elle s’est ressaisie et a continué à lutter, obtenant des niveaux quatre pour une pirouette dos cambré et sa séquence de pas.

Kaetlyn a terminé avec 168,98 points, après avoir battu son record de la saison de 112,80 points dans le programme libre. « Ce n’est que la deuxième fois que j’ai exécuté ce programme sur la scène internationale », a signalé Kaetlyn. « Je suis donc contente du résultat. »

Ce n’était pas parfait, mais Kaetlyn a affirmé qu’elle s’était beaucoup améliorée depuis l’épreuve par équipe. « J’étais plus à l’aise aujourd’hui qu’hier », a‑t‑elle signalé. « Aujourd’hui, j’ai réussi à prendre plaisir à ma performance et à exécuter presque tous mes sauts. Je suis satisfaite. »

Après que Kaetlyn a fait une chute sur son triple saut de boucle piquée, elle a continué à lutter et ceci en soi était une victoire. (En passant, Mao Asada, après sa désastreuse 16e place dans le programme court, a exécuté le troisième meilleur style libre au classement, suffisant pour la placer au troisième rang dans cette partie de l’épreuve). « Je suis heureuse d’avoir amorcé mon expérience olympique avec un fort programme court dans l’épreuve par équipe », a soutenu Kaetlyn. « Et, j’ai terminé avec un fort programme libre ce soir. »

Son programme de Cléopâtre, pour lequel elle porte une tenue magnifique et exotique, est son favori. « J’ai pensé après l’an dernier que je n’aimerais jamais de programme plus que ceux-ci, mais ce programme est encore mieux. »

Gabby, reconnue pour sa puissante entrée dans le triple Lutz – triple saut de boucle piquée, a commis des erreurs dans cette combinaison durant le programme long, comme elle l’avait fait dans le programme court. La rotation du triple saut de boucle piquée a été jugée insuffisante. Elle a fait un simple au lieu d’un triple saut de boucle piquée, qui a suivi un double Axel. Mais, elle a exécuté une combinaison de triple flip, un triple Lutz, un triple saut de boucle et une pirouette arabesque sautée qui lui a valu un niveau quatre.

Elle a terminé avec 95,83 points pour le style libre, soit 148,44 points au classement général.

Qu’a-t-elle appris? « Peu importe ce qui arrive, il ne faut pas abandonner », a-t-elle dit, par la suite. « Il faut continuer à essayer, parce que les choses ne peuvent toujours être parfaites et il faut faire des efforts et travailler aussi fort que possible. »

Elles seront toutes deux de retour. Leurs cheminements ne font que s’amorcer.

Le programme libre de Mao Asada était de niveau olympique. Après tant d’années d’avoir raté le triple Axel et subi les conséquences de son programme court mercredi, durant lequel elle a fait une chute à l’exécution de ce saut, Mao n’a pas reculé et s’est élancée dans le programme long. On lui a attribué une pleine rotation. Elle a fait la réception sur un pied. Ses rotations ont été insuffisantes sur deux autres éléments et une carre a mal été effectuée sur un Lutz, mais peu importe. Ce fut un retour en force mémorable.

La stoïque Mao a fondu en larmes et déclaré plus tard : « J’étais déterminée à accomplir ce à quoi j’avais travaillé. Je n’étais pas aussi précise durant l’entraînement ce matin et hier était une énorme déception.

« Je dois beaucoup à tous ceux qui m’ont appuyée au fil des ans et je voulais les récompenser par un excellent programme long. Je ne me souciais pas de la note. Je devais combattre la peur en moi. »

C’était ce qui était important.

Beverley Smith

Kaetlyn Osmond et Gabrielle Daleman, première fois olympiennes, avancent aux programmes libres de jeudi

Ce fut moins que parfait pour les Canadiennes dans le programme court féminin aux Jeux olympiques. Faisons remarquer que ce fut leurs premiers Jeux olympiques et la première compétition internationale senior de Gabby Daleman.

Commettre une erreur n’est pas facile et peut être coûteux dans le programme court. La première combinaison triple-triple de la championne canadienne Kaetlyn Osmond est devenue un triple saut de boucle piquée – double saut de boucle piquée en un instant et ce n’est pas une combinaison qui permet d’accumuler beaucoup de points. Puis, elle a glissé d’une carre sur un double Axel, mais réussi le reste du programme, assez bien pour la classer en 13e place avec 56,18 points. Elle vise un classement parmi les dix premières places à ces Jeux.

Gabby Daleman, qui a patiné tôt, mais avec brio, a peut-être tenté de donner trop d’ampleur à sa combinaison. Elle a mis une main sur la glace sur son triple Lutz, mais a eu la présence d’esprit d’ajouter un triple saut de boucle piquée. Elle se trouve en 19e place avec 52,51 points et espère un classement parmi les 15 meilleures.

« J’ai gâché mon Lutz-saut de boucle piquée, mais je suis tellement fière », a déclaré Gabby par la suite.

Au-dessus de leurs classements s’est produite une pire défaite personnelle. Mao Asada, la médaillée d’argent des Jeux olympiques 2010 et un emblème du sport, a tragiquement perdu sa voie. Elle avait réussi un magnifique triple Axel durant l’échauffement et semblait être sur le point d’en exécuter un autre durant son programme sur une musique de Chopin, lorsqu’elle a fait une chute. Ceci a semblé la bouleverser. Elle n’a pas terminé de combinaison puis elle a exécuté un double au lieu d’un triple saut de boucle. Ses notes sont disparues comme de l’eau dans un entonnoir. Elle a fini au 16e rang, presque 20 points derrière la championne olympique en titre Yu-Na Kim, en tête avec 74,92 points, la meilleure note de programme court de la saison.

Mao a enregistré 55,21 points, seulement 2,70 points de plus que Gabby Daleman. Elle n’a aucune chance de remporter une médaille.

« Je ne sais trop que penser de ceci », a-t-elle dit. « Je ne peux que faire mon possible demain. Je n’y comprends rien. »

Elle a dit que l’entraînement s’était bien déroulé, mais lorsqu’elle a commencé le programme, elle ne pouvait maîtriser ses émotions ou son corps.

« Déchirant », a gazouillé Michelle Kwan.

« Mao a une douce élégance… a gazouillé le patineur en couple américain John Coughlin. « J’aurais regardé si elle avait accumulé les notes pour ses trois sauts. »

L’expérience de Yu-Na Kim a été complètement différente. Elle était tellement nerveuse à l’échauffement qu’elle a dit ne pas pouvoir du tout sauter. « Mais, j’ai essayé de croire en moi‑même et en ce que j’ai fait dans le passé », a-t-elle dit.

Lorsque la musique a commencé, elle a dit qu’elle croyait rêver.

Elle a exécuté un programme charmant et magique sur le morceau de musique Send in the Clown, chorégraphié par le Canadien David Wilson, et a exécuté un triple Lutz-triple saut de boucle piquée avec facilité. Ses points techniques ont été plus élevés par trois points environ que ses composantes de programme.

Carolina Kostner a présenté un moment mémorable avec son programme Ave Maria, non seulement parce qu’il était magnifique, mais parce qu’elle a fait quelque chose qui était de nature très olympique. Durant l’épreuve par équipe, elle avait effectué seulement un triple saut de boucle piquée – triple saut de boucle piquée, mais elle a accru la difficulté en exécutant un triple flip – triple saut de boucle piquée durant le programme court mercredi.

« Je n’ai même pas parlé à mon entraîneur de le changer », a-t-elle avoué. « Parfois, ceci fonctionne et parfois pas. Je suis reconnaissante qu’il m’ait laissé le choix. Je voulais lui montrer que j’étais capable. » Elle a obtenu 74,12 points, seulement un demi-point environ derrière Yu‑Na Kim.

Mais, Carolina s’est retrouvée troisième derrière Adelina Sotnikova, de Russie, faisant face à la bruyante équipe russe. Adelina a exécuté la combinaison triple saut de boucle piquée – triple saut de boucle piquée plus facile, mais néanmoins terminé deuxième avec 74,64 points, seulement un quart de point derrière la championne olympique en titre.

Adelina a affirmé qu’elle était un peu nerveuse, mais a traité l’événement comme une compétition normale. « J’étais très heureuse que ma note technique soit tellement élevée », a‑t-elle fait remarquer. (Sa note de 39,09 points, était 0,06 point plus élevée que la note de Yu‑Na Kim et environ un point et demi plus élevé que celle de Carolina Kostner).

Et, elle a éclipsé sa compatriote russe Julia Lipnikstaia, qui avait exécuté les deux parties de l’épreuve par équipe et était soudainement devenue une nouvelle vedette à la maison. Julia se trouve en cinquième place avec 65,23 points après une chute sur un triple flip – ce qui est rare pour elle.

« Je ne sais pas ce qui s’est passé », a-t-elle dit tristement. « Je n’étais pas nerveuse. Je ne ressentais pas trop de pression. La foule m’a aidée ». Les notes n’étaient pas aussi basses qu’elle s’y attendait.

La championne américaine Gracie Gold occupe la quatrième place avec 68,63 points, environ six points derrière la première place. « J’ai été contente de me produire sous les lumières vives et compte tenu du stress », a-t-elle fait observer. « C’est une épreuve difficile. »

Les deux autres Américaines sont immédiatement derrière elle : Ashley Wagner est sixième, tandis que Polina Edmunds est septième.

Les Canadiennes ont leur but à atteindre dans le programme long de jeudi. « Ce ne fut certainement pas un programme aussi bon que celui que j’ai exécuté dans l’épreuve par équipe », a soutenu Kaetlyn Osmond. « Les sauts étaient un peu chancelants et je ne pouvais pas les sauver aujourd’hui. Mes composantes m’ont semblé excellentes toutefois. Naturellement, ce n’est pas ce que je voulais faire, mais il me reste une autre performance. Demain, je vais me concentrer et laisser les choses se produire. »

Dans le lieu réservé aux étreintes et aux larmes, Kaetlyn n’a pas pensé à ses erreurs. Elle a pensé à ce qu’elle avait bien exécuté.

Gabby Daleman a obtenu sa meilleure note de la saison, 52,61 points, et a admis qu’elle était un peu nerveuse à propos de ce qui l’attendait : sa première compétition internationale senior étant les Jeux olympiques. Elle a dit qu’elle a ajouté plus de détails à ses deux programmes depuis qu’elle avait terminé deuxième aux Championnats nationaux de patinage Canadian Tire.

Beverley Smith

Profil d’une olympienne : Gabrielle Daleman

Il semblait que jamais Gabrielle « Gabby » n’enlèverait la veste d’équipe olympique qu’elle avait méritée pour avoir remporté la médaille d’argent aux Championnats nationaux de patinage Canadian Tire.

Au cours des journées qui ont suivi la présentation du Comité olympique canadien, Gabby est restée sur place, aux championnats, appuyant son frère, Zachary Daleman, qui a terminé cinquième dans l’épreuve masculine novice. Partout où Gabby allait, elle portait sa veste rouge et noire.

Ce fut le meilleur cadeau de fête qu’elle puisse imaginer. Gabby a été sélectionnée pour les Jeux olympiques à l’âge de 15 ans, puis elle a célébré son 16e anniversaire le lundi suivant, 13 janvier. Chose étrange, Gabby a la même date de naissance que son idole, Joannie Rochette, qui a gagné une médaille de bronze aux plus récents Jeux olympiques d’hiver, à Vancouver.

« Les mots me manquent pour décrire comment excitée je serais », a avoué Gabby avant l’annonce de l’équipe. Les Jeux olympiques ont lieu tous les quatre ans et de savoir que je serais la plus jeune me ferait le plus grand plaisir. »

À l’origine, la petite patineuse de Newmarket, Ontario, n’était pas impressionnée par l’idée de patiner. Sa mère, Rhonda Raby, était une partisane du patinage qui avait inscrit Gabby à un programme de patinage lorsqu’elle n’avait que quatre ans. « Je comptais parmi les enfants qui ne voulaient pas aller sur la glace au début », a-t-elle dit. « Je pleurais. Je suppliais de ne pas aller sur la glace. Mais, après quelques semaines de larmes, ma mère m’a simplement dit : « Vas-y ». Ensuite, personne ne pouvait me faire quitter la glace. »

Lorsque Gabby avait huit ans, elle a vu Joannie Rochette à la télévision et a commencé à sauter partout dans le salon. « Et, c’est à ce moment que j’ai su que je voulais être une patineuse de compétition et l’imiter », a déclaré Gabby.

Gabby s’est démenée pour se tailler une place aux Jeux olympiques, son rêve étant né lorsqu’elle a terminé deuxième aux championnats canadiens l’an dernier, durant sa première année seulement comme senior. Dans son esprit, ceci voulait dire qu’elle devait comprimer trois ans de patinage au niveau senior en une année pour faire partie de l’équipe. Elle a mis les bouchées doubles, insérant deux triple-triple dans son répertoire, y compris le formidable triple Lutz – triple saut de boucle piquée, une combinaison qu’exécutent de nombreuses patineuses au haut de l’échelle internationale. « Je savais que j’avais besoin de ça pour réussir », a-t-elle dit.

Sa note finale de 182,47 points l’a visiblement stupéfiée; son record précédent, établi plus tôt dans la saison, était de 174 points. « Je ne m’attendais pas du tout à cette note », a-t-elle signalé. « Dès le début, je ne me concentrais même pas sur ma note, mais plutôt sur ce que je devais faire pour atteindre mon but. » Elle était un peu nerveuse au moment d’aller sur la glace, sachant tout ce qui était en jeu, mais elle s’est calmée en se disant qu’elle savait quoi faire et devait faire confiance à son entraînement. Elle a lutté pour chaque point obtenu.

Les sauts représentent sa partie favorite du patinage, mais elle a aussi beaucoup travaillé à améliorer sa note de composantes de programme, faisant appel à Lori Nichol pour concevoir, pour la première fois, les deux programmes. Lori avait chorégraphié son long programme l’an dernier. « J’aime beaucoup m’entraîner pour mes programmes », affirme-t-elle. « C’est un plaisir de travailler avec Lori. Elle exige beaucoup de moi. »

L’un de ses entraîneurs, Andrei Berezintsev, soutient que Gabby s’est améliorée à tous les égards cette saison. « Je crois en fait qu’elle pourrait être sélectionnée pour les Jeux olympiques; elle repousse ses limites. »

Andrei travaille avec Gabby depuis cinq ans. Lorsqu’il l’a vue pour la première fois, elle exécutait un a simple Axel, mais trichait un double Salchow. « Mais, j’aimais qu’elle avait toujours le sens du spectacle », a-t-il fait observer. « Sur la glace, on peut toujours la voir. »

Ce fut une intense saison. Lorsqu’on lui demande ce qu’elle fait hors glace, lorsqu’elle ne patine pas, Gabby pense tout d’abord : « Si je ne patine pas, habituellement je vais chez le physiothérapeute ». Elle se met à rire, et ajoute : « Je suis une athlète, vous savez ». Elle aime passer du temps avec un groupe d’environ six amis, dont la plupart étaient aux Championnats canadiens. « Mais, surtout je reste à la maison et j’essaie de me détendre et de m’étirer », signale-t-elle. « Le patinage occupe presque toute ma vie. Et, ça me va parce que je sais que j’en serai récompensée et c’est ce que j’aime faire. »

La carrière de Gabby ne fait que commencer. La double championne canadienne Kaetlyn Osmond, qui a battu un fort groupe de femmes à son premier événement du Grand Prix, les Internationaux Patinage Canada, il y a un an et demi, a aussi poussé Gabby. « Ce que Kaetlyn a fait l’an dernier était vraiment extraordinaire », a soutenu Gabby. « Je sais qu’elle est une sensationnelle compétitrice. Elle est une excellente patineuse, une bonne amie et une fille merveilleuse et j’aime concourir contre elle. »

Amitié à part, Gabby estime qu’elle n’a pas toujours besoin d’être la demoiselle d’honneur. « Un jour, je veux la battre », dit-elle. « Je dois continuer à pousser parce que nous voulons toutes nous trouver au haut des classements. »

Elle a appris beaucoup de leçons en peu de temps : ne pas se concentrer sur les notes, mais ce qu’elle doit accomplir, se fier à son entraînement, ne pas se concentrer à l’excès, ne pas se bouleverser si quelque chose ne fonctionne pas, ne pas exagérer à la suite d’une blessure – connaître ses limites.

Et, malgré son dynamisme, Gabby sait déjà que la perfection n’existe pas. Mais, elle est motivée. Et, n’oublions pas que les Jeux olympiques seront la première importante compétition internationale senior de Gabby. Sur la scène internationale, cette saison, elle a concouru sur le circuit Grand Prix junior.

Beverley Smith