Elvis Stojko retourne au Canada guéri et prêt à prêter assistance

Elvis Stojko est de retour.

Le Mexique est dans son rétroviseur ainsi que les mandariniers et les papayers d’Ajijic, où il a vécu pendant 12 ans.

Il est rentré au Canada, heureux, marié à Gladys Orozco depuis cinq ans et avec une carrière qui l’emmène maintenant dans plusieurs directions : patinage, course automobile, acteur et chanteur. Et, il se lie à nouveau à Patinage Canada, ayant accepté de diriger quelques séminaires pour les patineurs en cours de développement et faisant don d’une partie des produits de la vente de son nouveau vin, Quad, à l’association.

Trois fois champion du monde et deux fois médaillé d’argent olympique, Elvis Stojko a beaucoup à offrir aux étoiles en herbe du patinage, y compris son attitude de guerrier durant la compétition. Elvis était le concurrent suprême, ne reculant jamais devant un défi. Et, à aucun moment cet état d’esprit n’a été davantage mis à l’épreuve qu’aux Jeux olympiques de 1998, à Nagano, quand il a patiné avec une blessure à l’aine.

Elvis excelle à résoudre les problèmes et il en avait beaucoup à Nagano. Certains ont toutefois fini par échapper à sa volonté. Il avait déjà soumis son aine à un stress lors des Championnats canadiens de cette année-là, mais le matin du programme court masculin aux Jeux olympiques de Nagano, il s’est déchiré un muscle à l’aine durant une séance d’entraînement en début de matinée. Il est passé en mode d’urgence.

Elvis a exigé beaucoup de lui-même pour gagner cette médaille d’argent. Mais les conséquences de tout cela et de tout ce qui lui est arrivé la même année sont revenues le hanter. À la fin de ce programme long héroïque et courageux, Elvis a senti quelque chose briser en lui, peut-être ce qu’on appellerait sa volonté ou son esprit. « Ça s’est brisé et je n’ai jamais – par la suite, peu importe comment j’ai essayé de m’entraîner ou de patiner – été capable de ressentir ce même sentiment à nouveau », a déclaré Elvis. « Et, c’était là ma force. »

« J’ai passé une période de moments très sombres », a déclaré Elvis. »

Il avait dépassé les limites de son incroyable volonté. « Je crois que j’ai perdu espoir ou que la volonté m’a manqué », a-t-il dit. « À partir de ce moment, j’étais brisé. J’avais le cœur brisé et j’étais brisé. » Il l’ignorait à l’époque, parce qu’il avait été tellement programmé à s’entraîner et à aller à la patinoire, à travailler aux programmes de l’année suivante, passer à travers toutes ces étapes importantes.

Elvis a continué à patiner, pour tenter sa chance à nouveau. Il est revenu plus fort que jamais, avec deux quadruples sauts. Mais, du point de vue mental, il n’était toujours pas près d’être dans le même état d’esprit qu’au début de 1998. Il croit qu’il patinait à environ 65 % de ses capacités. Il s’est rendu jusqu’en 2002, puis a abandonné et est tombé dans une profonde dépression dont il ne savait même pas qu’il souffrait et qui avait vraiment commencé après les Jeux de 1998.

« J’ai passé une période de moments très sombres », a déclaré Elvis. « C’est une des raisons pour lesquelles j’ai quitté le Canada. J’avais besoin d’espace et d’anonymat. J’ai traversé des moments difficiles en raison de problèmes familiaux, après la séparation de mes parents. Le Mexique était mon lieu de solitude. »

Les athlètes qui se sont beaucoup investis dans leurs efforts trouvent parfois difficile de retourner à une vie ordinaire, a déclaré Elvis. À un moment donné, il a entendu le champion olympique de natation, Mark Tewksbury, parler de sa vie à la suite des Jeux olympiques dans les années 1990, après avoir remporté sa médaille d’or. Il est déménagé en Australie pour une année, souffrant de dépression post-olympique.

« Il n’avait aucune idée comment aller de l’avant et faire face aux choses », a fait observer Elvis. « Et, pour moi, ce fut aussi une dure transition. Les patineurs de renom sont chanceux de pouvoir encore participer à quelques spectacles. Les autres patineurs peuvent être embauchés sur des bateaux de croisière. Mais, ce n’est pas un processus facile. »

« Le pire, c’est que vous êtes pris dans un dilemme, a ajouté Elvis. Vous voulez faire ce que vous sentez vouloir faire. Mais, il faut payer les factures. « Alors vous êtes coincé, cherchant à faire quelque chose que vous ne voulez pas nécessairement faire », a‑t‑il dit.

Sur le plan financier, Elvis se tirait bien d’affaire, mais toute sa vie depuis l’âge de quatre ans avait tourné autour du patinage. C’était sa base. Il n’avait jamais pensé à ce qui viendrait après. « Je ne pouvais me voir que comme Elvis Stokjo, le patineur », a-t-il affirmé. « Tout le monde me voyait comme ça. J’avais besoin de trouver ce qui me rendrait heureux et me comblerait. Et, il m’a fallu beaucoup de temps pour le savoir.

« Je n’étais pas déprimé parce que je quittais le patinage », a-t-il avoué. « J’étais déprimé en raison des énormes préparatifs et ce que j’avais traversé mentalement à cause de cette blessure. Cette blessure m’a vraiment secoué. »

Pour Elvis, ce n’était pas tellement le fait qu’il n’ait pas remporté la médaille d’or à Nagano. « C’était de ne pas être capable d’atteindre ce sommet que je savais pouvoir atteindre », a-t-il précisé. « J’avais un gros fardeau sur mes épaules. Tout le monde croyait que je pouvais gagner. Quand je me suis présenté, je savais que je patinais sur une jambe. »

Mais, Elvis a finalement compris. Au Mexique, le brouillard a fini par se disperser. Puis, il a rencontré Gladys Orozco. Et, maintenant la course automobile lui a permis de puiser dans son personnage de Terminator. « Je sens que j’ai laissé aller ce qui s’est passé en 1998 », dit-il. « Je dirais que cela m’a pris au moins 10 ans pour dissiper ce qui s’est produit à Nagano. Ma jambe a guéri, mais pas mon âme. Mon âme a pris beaucoup plus de temps. »

Ce qui le rend heureux maintenant? Passer du temps avec sa femme et ses chiens. C’est là qu’il est heureux ces jours-ci. Maintenant de retour au Canada, il passe du temps avec son meilleur ami, Glen Doyle, son sifu lorsqu’il pratiquait ses arts martiaux.

Il tire son chapeau à Gladys, qui lui a dit qu’elle ne soucie pas où elle vit, pourvu qu’elle soit avec lui. Elle a déjà subi un horrible hiver canadien et ça va. Le couple savait qu’il devait revenir au Canada parce plus de possibilités les attendaient que dans cette collectivité grandissante de retraités d’Ajijic, près de Guadalajara. Elvis est à la recherche de commanditaires pour ses initiatives de course automobile. Gladys, avec son air exotique, a l’occasion d’être mannequin à Toronto.

Un an plus tôt, ils ont tout vendu au Mexique et quitté avec l’essentiel, leurs trois chiens, leurs vêtements et quelques babioles. Ils ont organisé deux géantes ventes-débarras à Ajijic, vendu la maison meublée et ont conduit leur camion au Canada. Un ami l’a reconduit au Mexique pour le vendre.

Maintenant, le couple vit à Richmond Hill, en Ontario, où Elvis a grandi et ils recommencent à zéro. « C’était assez génial », a affirmé Elvis à propos des biens dont ils se sont dessaisis. « C’était agréable. »

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