Elvis Stojko repousse encore les limites après sa carrière

C’est indubitable. Lorsque le triple champion du monde de patinage artistique Elvis Stojko, âgé de 41 ans, fait son apparition, il dégage toujours une certaine énergie, ce qu’il a toujours fait et ce qu’il fera toujours.

Il est bronzé, mince et semble aussi en forme que lorsqu’il concourait et avait remporté ses deux médailles d’argent olympiques et sept championnats canadiens. « Moins de craintes et plus d’espoir », voilà son mantra.

Maintenant, il a d’autres défis en vue : courses de karts (« Ils vont à toute allure », affirme-t-il à propos de ses karts, ce qui est tellement lui) et chanter dans le spectacle de Broadway, Chicago, à New York et Toronto. Et, il participe toujours à des spectacles et des carnavals. Il termine son autobiographie, qui sera publiée l’an prochain. Il travaillera aussi comme journaliste pour Yahoo.com aux Jeux olympiques de Sotchi, comme il l’a fait à Vancouver. Il est tellement occupé, mais plein de vie avec tout ce qu’il mène de front et tout le divertissement.

Ces Jeux olympiques seront différents des derniers pour lui, lorsqu’il a pris parti pour Evgeny Plushenko et le concept qu’un patineur ne devrait pas être un champion olympique sans l’exécution d’un quadruple saut. Depuis Vancouver, le quadruple saut a fait un retour en force, compte tenu de modifications apportées aux règlements qui accordent plus de points au saut de quatre rotations et d’un changement aux règlements sur la rotation insuffisante qui évite qu’un saut triché soit extrêmement grave. Même le jeune Russe Maxim Kovtun, qui ne se rendra peut-être pas aux Jeux, prévoit exécuter cinq quadruples sauts.

« Les patineurs repoussent maintenant les limites », signale Elvis. « Les patineurs exécutent à présent des quadruples Lutz. C’est ce que j’appelle repousser les limites. C’est sensationnel à voir et de nouveau excitant. Ceci ajoute encore un élément de risque. Maintenant, on est retourné à la norme qui devrait exister. »

Il est bien conscient de ses faiblesses et de ses points forts lorsqu’il concourait. « Aucun athlète ne possède tout », soutient Elvis. Il a vu des athlètes qui se concentrent trop sur leurs talents naturels, mais négligent leurs faiblesses, à leur propre péril.

« J’avais un don naturel comme athlète, capable de me concentrer et je faisais preuve de beaucoup de volonté », ajoute Elvis. Son sobriquet n’était pas Terminator pour rien; dans les annales du patinage artistique, il y aura toujours la photo d’Elvis se tordant de douleur au terme de son programme long aux Jeux olympiques de Nagano, qu’il a exécuté malgré avoir subi une blessure à l’aine durant la semaine, qu’il avait aggravée pendant le programme.

« Il y avait d’autres choses au patinage auxquelles je devais vraiment travailler », a-t-il signalé. « L’une était l’aspect cardio. Une autre était que beaucoup de gens croyaient qu’en raison de mon côté sportif, je n’étais pas artistique, donc je devais l’être. C’était toujours une lutte pour moi et quelque chose pour laquelle je devais travailler et vraiment m’entraîner. »

Elvis a rencontré Patrick Chan, l’an dernier, durant quelques spectacles pendant l’hiver. Elvis, le champion du monde de 2008 Jeff Buttle, le quadruple champion du monde Kurt Browning et Patrick se produisaient dans le même spectacle. Patrick et lui se sont bien entendus. « C’est un type bien », affirme Elvis.

« Seule la vérité peut nous rendre plus fort. Et, les gens vont toujours dire à Patrick qu’il est toujours sensationnel. »

Patrick savait qu’il pouvait apprendre beaucoup d’Elvis, l’un des concurrents les plus coriaces à avoir jamais mis pied sur la glace. Il lui a posé plusieurs questions sur les préparatifs, l’entraînement et la compétition.

Elvis a conseillé à Patrick de ne pas se soucier durant la semaine de réussir chaque entraînement. « Tu commences à faire cela et il ne te restera plus rien », a dit Elvis. « Tu serais une proie facile si je concourais contre toi. »

« Que veux-tu dire? », lui a demandé Patrick.

« Je m’assurerais d’exécuter mes sauts devant toi », a répondu Elvis. « Je les réussirais tous, je te pomperais, simplement pour que tu t’épuises durant la semaine et n’ait plus rien à donner à la fin. »

Elvis lui a dit que lorsqu’il a concouru aux Championnats du monde en 1997, il a participé à la séance d’entraînement le matin du programme long, a réussi trois sauts, masqué son programme, puis a quitté la glace. Les gens se sont demandé si quelque chose n’allait pas.

Il a exécuté le programme long sans faute et remporté le titre mondial. « J’avais confiance en moi », a soutenu Elvis. « Je n’avais pas à réussir et à impressionner à chaque entraînement ». Il a dit à Patrick que les gens parlaient de son entraînement, mais ne se rappelaient que de sa compétition. Ça fait partie de la confiance qu’on a en soi », a ajouté Elvis. « Tu dois avoir confiance qu’il n’est pas nécessaire de toujours gagner en tout et partout, mais toujours croire que tu es capable. Tu devrais déjà le savoir. »

Elvis ne manque pas de confiance. Il participe à des courses de karts avec des athlètes qui ont la moitié de son âge. Ce ne sera pas un passe-temps pour lui. Il repousse les limites et se sert de sa concentration pour aller plus vite. Ceci deviendra son principal intérêt alors qu’il finira par laisser le monde du patinage derrière lui. En mars, au théâtre Princess of Wales à Toronto, il jouera le rôle intimidant de l’avocat enjôleur Billy Flynn dans Chicago – et ce ne sera pas sa première fois sur scène. Il a aussi chanté dans Grease à Toronto et a sorti un album. Un fait peu connu : son père, Steve Elvis, était un chanteur talentueux.

Il semble qu’il n’y ait rien qu’Elvis ne puisse faire. C’est un état d’esprit.

Beverley Smith

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