Rencontrez les leaders autochtones qui façonnent l’avenir du patinage
En 2025, Patinage Canada a créé le Cercle communautaire autochtone (CCA), un groupe consultatif dirigé par des Autochtones, qui donne des conseils en matière d’engagement communautaire et d’initiatives dans l’organisation.
Nous avons discuté avec quatre membres du CCA — Kristen Pittman, Nicole Lee, Rhys McAlpine et Kensi McNaughton — qui nous ont fait part de leur point de vue sur l’importance de rehausser la représentation autochtone, tant sur la glace que dans les rôles de direction à travers le sport.
Kristen Pittman – Mi’kmaw, membre du conseil d’administration et parent d’une patineuse au club Silver Blades Newfoundland.
Nicole Lee – Anishinaabe Kwe de la Première Nation de Couchiching, officielle de Patinage Canada et ancienne patineuse à la Thunder Bay Skating Club.
Rhys McAlpine – Les Cris de la Première Nation de Cowessess, officielle de Patinage Canada, entraîneur et fondateur de l’école de patinage RedPine.
Kensi McNaughton – membre du Territoire des Six Nations de la rivière Grand, ancienne patineuse et bénévole.
Comment vous êtes-vous impliqué dans le patinage?
Kristen – Ma fille patine depuis 2021. Sa participation m’a permis de constater à quel point les petites communautés de patinage comptent sur les bénévoles pour créer des programmes réussis, ce qui m’a incitée à m’impliquer. En 2024, j’ai rejoint le conseil d’administration du Club de patinage Silver Blades et j’en suis maintenant à mon troisième mandat en tant que secrétaire.
Nicole – J’ai commencé à patiner à la Thunder Bay Figure Skating club à l’âge de trois ans. Lorsque j’étais en 12e année, j’ai représenté le Nord de l’Ontario aux championnats provinciaux, ce qui a été l’un des faits saillants de ma carrière de patineuse. Après l’école secondaire, je suis devenue officielle et j’ai commencé à juger les niveaux STAR 1 à 4. Aujourd’hui, je suis juge de danse sur glace juvénile et senior au niveau de la section. J’adore rester en contact avec mes clubs d’appartenance et les appuyer autant que possible.
Rhys – C’est ma mère qui m’a initié au patinage. J’ai commencé à patiner sur une patinoire extérieure au lac Pinehouse, dans le nord de la Saskatchewan, puis j’ai continué près de la réserve où j’habite. Au terme de mes études secondaires, j’ai cessé de pratiquer le sport avant de revenir en tant qu’entraîneur en 2015. En 2021, j’ai fondé l’école de patinage RedPine, la seule école de patinage autochtone de la Saskatchewan. Notre objectif est de rendre le patinage plus accessible aux jeunes autochtones, en particulier dans les communautés rurales où le coût et l’accès peuvent représenter des obstacles importants.
Kensi – J’avais environ cinq ans quand j’ai commencé à patiner. L’année précédente, j’avais assisté à un spectacle sur glace, où deux de mes cousins patinaient, et je me souviens avoir demandé à ma mère : « Est-ce que je peux faire ça ». Mes deux premières années ont été difficiles. Je n’avais pas l’équipement adéquat et j’ai éprouvé des difficultés. Je n’ai jamais été ce qu’on pourrait appeler une patineuse naturellement douée, mais j’ai travaillé dur. Puis, vers 10 ou 11 ans, je suis tombée complètement amoureuse du patinage. Cette passion m’est restée et j’ai fini par commencer à participer à des compétitions en tant que patineuse adulte.
Qu’est-ce qui vous a incitée à rejoindre le CCA?
Kristen – Mon conseil d’administration m’a encouragée à me joindre au CCA. Notre président s’est assuré que je sois au courant de cette occasion, car elle correspondait parfaitement à mon expérience personnelle et professionnelle en matière d’autochtonisation et de décolonisation. J’étais très excitée de m’impliquer. C’est une très belle occasion de contribuer au changement et de nous assurer que nos jeunes sont représentés dans tout le pays.
Nicole – Quand je repense à ma carrière de patineuse, je me rends compte que je n’ai pas vu beaucoup de représentation autochtone dans le sport. Après m’être impliquée dans certaines initiatives d’EDIA de Patinage Canada, je me suis dit : « Superbe, on peut vraiment faire du bon travail ici ». Il s’agit d’une occasion d’accroître la visibilité des Autochtones et de créer un sentiment d’appartenance plus fort dans le patinage. C’est quelque chose que j’aurais aimé avoir quand j’étais plus jeune.
Rhys – Après avoir pris part au programme de mentorat de Patinage Canada, je voulais poursuivre ma participation. Je suis toujours prêt à apporter mon aide à tout ce qui peut permettre à nos communautés autochtones de se faire entendre sur la scène nationale. J’adore la communauté que nous avons créée, j’aime découvrir différentes cultures et langues et écouter les histoires et parcours de chacun.
Kensi – Je me suis blessée au dos en 2009 et j’ai essayé de reprendre le patinage en 2014, mais ce n’était plus pareil. J’ai toujours aimé patiner, alors j’ai commencé à faire du bénévolat au club de ma nièce. Le patinage, c’est quelque chose qui ne vous quitte jamais. C’était ma passion et ce l’est toujours. Alors, quand j’ai vu le CCA dans l’infolettre, j’ai immédiatement fait une demande. J’ai l’impression que c’est un moyen de rester en contact avec ce milieu. Je ne peux peut-être plus patiner, mais je peux toujours faire partie du monde du patinage.
Pourquoi la représentation et l’identité autochtones sont-elles importantes dans le patinage?
Kristen – Je pense que souvent, avec les jeunes autochtones, on ne considère pas toujours le patinage comme une activité qu’ils peuvent ou devraient pratiquer et où ils peuvent exceller. Et, avec ma propre fille, il semble parfois qu’il y a deux parcours différents pour elle. Il y a son parcours mi’kmaq de danse, de culture, d’histoire, de récits et de communauté, puis il y a le patinage. Mais comment concilier les deux? Comment s’assurer qu’elle développe un sentiment d’identité solide, plutôt qu’une identité fragmentée?
Nicole – Au niveau local, j’adore porter des boucles d’oreilles perlées créées par un artiste autochtone et beaucoup d’enfants viennent me voir pour me dire qu’ils les adorent, puis on se met simplement à en parler. Je suis vraiment heureuse de pouvoir servir de pont pour amorcer ces conversations et de permettre aux enfants de voir dans le jury quelqu’un qui leur ressemble et qui les aide à se sentir à l’aise.
Rhys – La culture autochtone est profondément ancrée dans la communauté, dans ce réseau de soutien autour de vous. Je crois que le sport peut être un bon exutoire et un espace sûr pour les enfants. Les sports organisés les aident à rester actifs, tout en leur enseignant des compétences de vie qui leur serviront plus tard. Historiquement, Il n’y a pas toujours eu des voix autochtones contribuant à l’élaboration des politiques touchant nos communautés. Je pense que la présence de personnes ayant vécu ces expériences permet d’apporter un changement significatif et c’est ce que nous faisons avec le CCA.
Kensi – L’identité est importante au patinage, car c’est un sport très individualisé. On ne veut pas être identique ou ressembler à tout le monde. Je pense que c’est une partie intégrante de l’identité; la façon de se présenter sur la glace. On n’utilise peut-être pas de musique autochtone, mais il s’agit tout de même de se représenter soi-même, sa communauté et ses origines.
Des clubs locaux aux initiatives nationales, le Cercle communautaire autochtone aide à rendre le patinage plus accessible et plus inclusif partout au Canada. Bien que chaque membre ait un parcours unique, tous partagent le but commun de renforcer la représentation autochtone dans le sport.
Dans le cadre de son Plan stratégique 2022-2026, Patinage Canada établit des relations significatives avec les communautés à travers le pays, veillant à ce que ses actions soient guidées par les voix des membres autochtones et en harmonie avec celles-ci. Consultez notre page d’EDIA pour plus de renseignements sur notre engagement et nos initiatives actuelles.
