Emily Bausback, championne nationale, se tourne vers l’avenir, non le passé

Même dans un monde qui semble rester immobile en ce moment, Emily Bausback ne peut s’empêcher d’aller de l’avant.

Littéralement.

En quarantaine, au cours de ses premiers mois en tant que championne canadienne en titre, la jeune femme âgée de 18 ans et originaire de New Westminster, en Colombie-Britannique, s’est trouvé plusieurs passe-temps pendant la fermeture, dont une nouvelle passion pour le cyclisme.

Emily a pu échapper, ainsi, à l’imprévisibilité de la nouvelle saison de patinage, enfourchant souvent son vélo et s’évadant pendant des heures de suite. Parfois, ses randonnées l’emmènent sur le campus de l’Université de la Colombie-Britannique, mais la plupart du temps, elle pédale jusqu’à la digue du parc Stanley de Vancouver, qui lui offre une vue pittoresque de la majestueuse silhouette de Vancouver et lui donne un peu de temps de tranquillité et de solitude pour réfléchir à une période très particulière de neuf mois.

Un jour, Emily a fait un aller-retour de 60 kilomètres, mais elle pense que son record personnel approche plutôt de 80 km.

Elle ne peut en être sûre.

« Ma montre m’a lâchée à mi-chemin, alors je ne pouvais pas vraiment savoir quelle distance j’avais parcourue », a dit Emily, en riant.

« J’aime bien ces moments où je suis seule avec mon vélo et j’ai beaucoup de temps pour réfléchir », ajoute-t-elle. « Faire du vélo m’a permis de songer à la dernière saison et à tout ce qui s’est passé depuis. »

Et, quelle saison ce fut. Une année qui a débuté sur le circuit du Grand Prix junior s’est terminée par les Championnats nationaux de patinage Canadian Tire, à Mississauga, en Ontario, où Emily et son entraîneure Joanne McLeod visaient un classement parmi les cinq premières places de l’épreuve féminine senior.

Elles ont fait un peu mieux que ça, atteignant le haut du podium, au Hershey Centre.

« Tout le monde rêve de devenir un champion national, mais nous n’étions pas certaines de progresser aussi rapidement et de remporter ce titre d’ici la fin de la saison », a admis Emily. « Quand j’ai fini par gagner, c’était absolument incroyable. Je ne peux pas décrire ce sentiment. C’était surréaliste. »

« J‘essaie tout simplement de rester positive. C’est ma première fois en tant que championne nationale, donc tout est nouveau pour moi. Il n’y a pas une année à laquelle comparer cet accomplissement. »

Une chose est certaine : il s’agit d’une année de premières pour Emily.

En juin, elle a obtenu son diplôme d’études secondaires de la façon la plus inhabituelle qui soit, comme le dictent ces temps étranges. Sa cérémonie de remise des diplômes a eu lieu en ligne et, le lendemain, Emily et les autres diplômés ont été invités à l’école par groupes de vingt, pour respecter les rigoureuses directives de distanciation physique. Son école a installé une scène improvisée, qu’elle a pu traverser lors d’une cérémonie simulée, et elle a été en mesure de profiter des traditions de longue date de prise de photos avec ses parents et d’une dernière visite des couloirs de son école.

Maintenant inscrite à sa première année du programme de kinésiologie de l’Université Simon Fraser, elle suit ses cours de façon virtuelle. Emily avait initialement prévu de prendre une année sabbatique, de ses études à Simon Fraser, afin de concourir à l’échelon international, mais la pandémie de COVID‑19 a changé ces projets.

« Ce fut une année intéressante », affirme-t-elle. « Gagner à Mississauga a probablement été le moment le plus sensationnel de ma vie, mais avec ce qui se passe maintenant, il est presque difficile de se rappeler ce qu’était le monde avant la pandémie et la fermeture. »

« J’avais hâte de concourir au niveau international et de faire mes débuts sur le circuit du Grand Prix. Mais, je sais que j’aurai une autre chance. J’ai bon espoir que les Championnats nationaux auront lieu et je suis motivée, chaque jour, à défendre mon titre. »

Sa patinoire au Champs International Skating Centre, en Colombie‑Britannique, toujours fermée en avril, Emily a trouvé du temps de glace tout près, à Abbotsford, jusqu’à ce que Champs rouvre ses portes quelques mois plus tard. En collaboration avec Joanne McLeod et les chorégraphes Lance Vipond et Neil Wilson, elle présentera deux nouveaux programmes lorsque la compétition reprendra, exécutant son programme court sur la musique The One I Love, par Ellen Krauss, et son programme libre au son du morceau spirituel italien, intitulé Alla Notte (Adagio), par Miriam Stockley.

Ce n’est peut-être pas la façon dont elle envisageait de passer sa première année, en tant que championne nationale, mais Emily est reconnaissante à tous ceux qui l’ont aidée à atteindre le sommet de la montagne du patinage artistique canadien.

« Mes parents, ma famille, ma famille de patinage à Champs et Joanne, qui m’ont appuyée depuis le début, je leur dois tellement », dit-elle.

« J’estime que c’est ensemble qu’on a gagné. »

Pour l’instant, c’est un jour et une étape à la fois. Emily espère que lorsque son parcours au patinage reprendra, il la mènera à Péquin, en 2022.

« Nous n’allons rien changer dans nos projets », signale-t-elle. « Notre objectif est de nous rendre aux Jeux olympiques de 2022 et nous allons nous y en tenir. »

À tout égard, Emily Bausback se tourne vers l’avenir, non le passé. Elle sait que le meilleur est toujours à venir.

 

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