La persévérance de Michelle Long est récompensée alors qu’elle réalise le rêve de sa vie à Kingston

Michelle Long a commencé à verser des larmes avant même que la musique ne prenne fin.

Alors que la patineuse âgée de 22 ans mettait les touches finales à son programme libre durant les récents Championnats nationaux de patinage Canadian Tire, elle n’a pu contrôler ses émotions et s’est mise à pleurer, un grand sourire aux lèvres.

Non, Michelle n’a pas quitté Kingston avec une médaille dans sa valise.

Ce n’était pas important pour elle. Parfois, le triomphe ne se mesure pas en or, en argent ou en bronze.

Au moment où sa collègue du Richmond Training Centre, Gabrielle Daleman, est descendue de la plus haute marche du podium, serrant sa première médaille d’or canadienne en simple féminin senior, Michelle et ses entraîneurs Robert Burk et Danielle Rose étaient immergés depuis longtemps dans leur parfaite euphorie.

« Je ne peux pas arrêter de sourire », a déclaré Michelle, radieuse, quelques minutes après son programme libre, à Kingston.

« C’est quelque chose dont je rêvais depuis que j’étais petite. Finalement concourir aux Championnats canadiens et enregistrer un record personnel en style libre, je suis tellement heureuse maintenant. »

Le registre indique que Michelle a terminé septième à ses premiers championnats nationaux.

Ce qu’il ne montre pas, c’est son histoire.

Bien qu’elle ait accompli le programme Patinage Plus à un jeune âge, Michelle n’a commencé le patinage de compétition qu’à titre de pré-novice, à l’âge de 15 ans. Ce n’est que depuis les quatre dernières années qu’elle poursuit sérieusement son objectif de concourir pour un titre national.

« Je voulais vraiment me concentrer sur mon rêve et me rendre aux Championnats canadiens », dit-elle. « C’était tout ce que je voulais. Rien de plus. »

Cette vision plutôt ambitieuse a semblé se heurter à un obstacle en décembre 2013, lorsqu’en compétition au Défi Patinage Canada, Michelle est venue très près de se tailler une place aux 100e Championnats nationaux à Ottawa, en Ontario.

Mais, ce n’était pas suffisant. Au lieu de concourir, elle a acheté un billet et s’est rendue dans la capitale nationale pour assister à la compétition.

L’expérience était douloureuse, admet Michelle, mais elle a aussi accru sa détermination.

« Ce fut une grosse déception », affirme Michelle.

« Ce défi a été difficile à prendre. Je ne savais pas si je devais continuer ou non. Ce fut un des moments les plus difficiles, regarder ces deux premiers groupes (à Ottawa), sachant que j’aurais dû être là. »

En décembre dernier, au Défi à Pierrefonds, au Québec, elle n’a pas commis la même erreur et a terminé au quatrième rang, s’assurant une place à Kingston.

Son histoire invraisemblable est encore plus étonnante si l’on considère qu’en plus de s’entraîner, Michelle a trois emplois de serveuse et barmaid et étudie à temps partiel à l’Université York. Par une journée typique, elle se lève à 7 h et ne cesse pas de la journée. Lorsqu’elle quitte le travail, il est passé 2 h le lendemain matin.

Moins de cinq heures plus tard, elle recommence à nouveau. Tout pour l’amour d’un sport.

« La passion qu’elle a pour le patinage est vraiment une joie à voir », a signalé Robert Burk. « Michelle peut aller aussi loin qu’elle le veut. Avec son dynamisme, elle peut continuer à gravir les rangs. Nous ne cessons de lui dire que nous croyons en elle. Vous pouvez le voir dans ses yeux.

« Elle sait maintenant ce que nous avons savions depuis toujours. Elle est assez bonne. Maintenant, nous devons l’aider à atteindre son but. »

« C’est spécial », ajoute Danielle Rose. « On ne le voit pas très souvent. Quand quelqu’un a autant d’amour, autant de passion, on a tout le temps au monde pour eux. Ce que nous voyons durant l’entraînement est de niveau national et, maintenant, tout le monde peut aussi le voir. »

Il y a cinq ans, lorsque les Internationaux Patinage Canada ont eu lieu à Kingston, Michelle a assisté à l’événement avec sa mère, rencontrant quelques patineurs au cours de la semaine.

C’est à ce moment qu’elle a commencé à rêver.

« À l’époque, je ne me voyais pas vraiment ici », reconnaît Michelle. « Ceci semblait tellement loin, tellement improbable, mais j’ai continué à exiger beaucoup de moi-même. »

Cinq ans plus tard, elle était de retour à Kingston. Cette fois, ce n’était pas à titre de spectatrice.

« Je n’ai jamais patiné devant une foule aussi nombreuse. C’était une expérience tout à fait surréaliste. D’être ici, de tout voir se produire, de me trouver sous les projecteurs de la télévision…

« En fin de compte, c’était encore plus grand que je ne l’avais rêvé. C’est un sentiment qu’on ne peut expliquer à moins d’en avoir fait l’expérience. »

Le rêve peut avoir été réalisé, mais Michelle soutient que ce n’est que le début. On lui demande où elle se voit dans un an.

« Sur le podium », dit-elle, sans hésiter.

« Dans l’équipe nationale. Pourquoi pas? »

Pourquoi pas, en effet.

Michelle Long n’a pas le temps de se demander quelles sont ses chances d’y parvenir.

 

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