Sarah Kawahara et l’art de la chorégraphie sur glace

Au cours de décennies de travail dans le patinage de compétition, le cinéma, la télévision et les spectacles sur glace, Sarah Kawahara, chorégraphe intronisée au Temple de la renommée de Patinage Canada, a bâti sa carrière en fonction d’un principe directeur : une excellente chorégraphie consiste à faire briller le patineur.  

Qu’elle travaille avec des champions olympiques, des acteurs de Hollywood ou des artistes du monde entier, elle utilise le mouvement pour mettre en vedette l’individualité de chaque patineur. 

Son parcours a débuté dans le patinage de compétition, avant qu’elle ne se joigne aux Ice Capades à l’âge de 18 ans, où elle a découvert sa passion pour donner vie à des personnages sur la glace. Cette expérience a façonné sa voix artistique et lui a ouvert les portes d’un nouvel univers d’expression créative. 

Kawahara dans « Ice Capades »

Faire briller les patineurs 

Pour Sarah, la chorégraphie est une question de collaboration, non de contrôle.  

« Je pense que pour être un bon chorégraphe, on ne peut pas simplement imposer sa vision à quelqu’un », a-t-elle expliqué. « Si l’on veut réussir, il ne s’agit pas de se mettre soimême en valeur, mais de faire briller les patineurs. » 

Travaillant avec des patineurs d’élite tels que Peggy Fleming, Kurt Browning, Toller Cranston et Scott Hamilton, elle a appris qu’il n’y a pas deux athlètes qui bougent ou s’expriment de la même manière. Chacun a une façon unique de bouger, qui exige une approche créative différente. Tout au long de sa carrière, elle a relevé le défi d’adapter sa chorégraphie unique à différents types corporels et niveaux d’énergie.  

Ces jours-ci, elle s’appuie sur ces expériences en tant que directrice artistique chez Willy Bietak Productions, où elle crée des spectacles sur glace à grande échelle pour des lignes de croisière. Travailler avec des patineurs comptant divers antécédents culturels et artistiques continue de façonner sa perspective.  

« Nous avons tous le patinage en commun… c’est ce qui nous rassemble », a-t-elle affirmé.  

Pour Sarah, les performances les plus marquantes sont produites lorsque les patineurs ont la capacité d’exprimer leur personnalité et de faire appel à leur créativité. En tenant compte de l’identité et de l’expérience vécue de chaque artiste, elle crée des œuvres qui font preuve d’authenticité. 

Sarah Kawahara travaillant avec Kurt Browning.

Au cœur du processus créatif 

L’aptitude de Sarah à faire ressortir cette authenticité tire ses racines d’un processus créatif qui s’étend bien au-delà de la patinoire. Elle puise son inspiration de sources telles que la nature, les motifs et les textures pour les transformer en récits sur la glace. Ses spectacles ont exploré des thèmes uniques comme les saisons, les cartes de tarot et même le tableau périodique. 

Tout aussi important est son engagement envers la croissance, qu’elle estime aller audelà du patinage.  

« On peut apprendre de différentes disciplines artistiques. On peut apprendre de l’opéra, de Broadway, de la télévision, même de TikTok », a-t-elle précisé. « On ne peut pas se contenter de rester au même endroit pour apprendre. » 

Cette ouverture à l’inspiration lui permet d’affiner continuellement son travail et d’explorer des thèmes qui divertissent, tout en trouvant un écho tant chez les artistes que le public. 

Production Starburst sur le thème du tableau périodique.

Des histoires qui prennent vie 

Tout au long de sa carrière, Sarah a incarné cette philosophie à travers toute une gamme de projets prestigieux, chacun exigeant un équilibre particulier entre la créativité et la précision. 

L’un des moments marquants a été l’émission spéciale intitulée Scott Hamilton : Upside Down, qui lui a valu un Prix Emmy. Dans le cadre de ce projet, elle a chorégraphié sa propre version de Step in Time, tiré de Mary Poppins. La patinoire a été transformée en une scène de toits, avec des cheminées, des lucarnes et des acrobates.  

« C’était tellement excitant », se souvient-elle. « J’ai toujours été influencée par la chorégraphie de Mary Poppins et ce fut un privilège de pouvoir la produire sur la glace. » 

Son travail sur le film I, Tonya, avec Margot Robbie, a représenté un défi différent. Plutôt que d’avoir recours à son style de chorégraphie novateur, Sarah a été chargée de recréer les programmes originaux de Tonya Harding. S’appuyant sur son expérience de travail avec des patineuses de cette époque, dont Nancy Kerrigan, elle a abordé le projet dans l’esprit de réaliser un documentaire, en apportant précision et exactitude historique. 

Distributions des spectacles Fusion et Boots and Blades pour les navires Legend of the Seas et Liberty of the Seas, produits par Willy Bietak Productions.

L’impact de Sarah 

Bien que la carrière de Sarah ait été marquée par de nombreux prix et une reconnaissance internationale, c’est la croissance qu’elle constate chez les autres qui la marque le plus. 

« C’est merveilleux de voir les gens s’épanouir, en tant que personnes, athlètes et artistes », a-t-elle déclaré. « C’est très gratifiant à voir. » 

Dans chacun de ses projets, son influence se reflète non seulement dans le travail sur la glace, mais aussi dans les artistes qu’elle aide à former. En priorisant l’authenticité et la collaboration, elle continue de repousser les limites de la chorégraphie tout en développant sa propre créativité et son sens artistique. 

Découvrez dans notre musée virtuel les histoires inspirantes d’autres membres du Temple de la renommée de Patinage Canada.  

Patinage Canada veut raconter votre histoire!