Derrière l’objectif avec Danielle Earl
À l’âge de 16 ans, Danielle Earl a lancé sa propre entreprise de photographie, motivée par son amour du patinage artistique et son rêve de travailler un jour à la patinoire, aux côtés des meilleurs photographes du sport.
Des années plus tard, ce rêve l’a menée à trois Jeux olympiques et à quelques-uns des plus grands événements de patinage artistique au monde. Des patinoires locales de l’Ontario à la fosse photo olympique, Danielle s’est bâti une carrière en capturant les moments marquants du sport, tout en naviguant dans une industrie où les femmes demeurent sous-représentées.
Aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, elle comptait au nombre des 18 % de femmes photographes accréditées, un changement dans les médias sportifs qu’elle espère voir se poursuivre.

Danielle Earl aux Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026.
Capture de moments olympiques
Quand Danielle a appris qu’elle avait été acceptée pour ses premiers Jeux olympiques, à Pyeongchang en 2018, le moment lui a semblé irréel.
« J’ai fixé des yeux l’écran de mon ordinateur pendant 25 minutes, puis j’ai envoyé un texto à ma mère lui disant : « Je crois que je vais aller aux Jeux olympiques » », se souvient-elle.
Sa mère, Irene Earl, travaillait à une compétition dans la section de l’Est de l’Ontario — la même organisation qui avait offert à Danielle l’un de ses premiers contrats lorsqu’elle n’avait que 18 ans. Lorsque la nouvelle a été annoncée, la réaction a été immédiate et émouvante.
« Tout le monde à la compétition sanglotait », raconte Danielle. « Toutes les personnes présentes avaient l’impression de faire aussi partie de ce parcours. »
À seulement 25 ans, Danielle s’est livrée à une expérience olympique intimidante, mais formatrice, apprenant à s’adapter rapidement au rythme et à la grande intensité des médias sportifs internationaux.
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Lorsqu’elle est arrivée à ses troisièmes Jeux olympiques, en février 2026, elle n’était plus simplement témoin de l’histoire sur la glace : elle contribuait à la documenter.
L’un de ses moments les plus significatifs à Milano Cortina a été la danse libre émouvante Vincent de Piper Gilles et Paul Poirier, une performance qui a ému Danielle aux larmes tout en méritant aux danseurs sur glace canadiens leur première médaille olympique.
Pour Danielle, ces moments vont au-delà de la prise d’une photo. Ce sont des occasions de documenter les jalons du parcours des athlètes qu’elle a suivis et appuyés tout au long de sa propre carrière.
Une passion devenue profession
Danielle a grandi dans le monde du patinage, mais une blessure au dos a mis fin à sa carrière de compétitrice. À peu près à la même époque, sa mère a acheté un appareil photo et Danielle a commencé à s’essayer à la photographie pour rester en contact avec le sport qu’elle aimait.
Un moment décisif s’est produit en 2009, aux Internationaux Patinage Canada, dans sa ville natale de Kitchener-Waterloo. Assise dans les gradins en train de prendre des photos, elle a observé les photographes au niveau de la glace et s’est dit : « Un jour, je serai dans cette fosse photo. »
Avec le soutien de sa famille, elle a lancé son entreprise de photographie à l’âge de 16 ans, commencé à vendre ses photos à 18 ans et s’est taillé une place dans le monde du patinage.

Photos de Danielle Earl | Lia Pereira et Trennt Michaud (à gauche) et Stephen Gogolev (à droite) lors des Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026.
Alors qu’elle étudiait la photographie au collège, elle a reçu un appel qui a tout changé : un photographe travaillant avec la section de l’Est de l’Ontario de Patinage Canada l’avait recommandée pour prendre en charge un contrat qu’il ne pouvait plus honorer. Danielle a saisi l’occasion, quitté l’école et s’est consacrée à la photographie à plein temps.
Dans une industrie concurrentielle et étroitement soudée, elle a appris en observant, en s’adaptant et en faisant preuve de patience pour bâtir progressivement sa carrière.
Aujourd’hui, Danielle travaille aux plus grands événements de patinage artistique au monde et documente les athlètes, des premiers succès de leur carrière jusqu’aux moments sur le podium olympique.
Ouvrir la voie aux femmes
Au fur et à mesure que sa carrière a progressé, Danielle s’est rendu de plus en plus compte du peu de femmes qui partageaient cet espace autour d’elle.
« Beaucoup de gens avaient du mal à me voir comme une professionnelle plutôt que comme une jeune qui s’amusait », a-t-elle dit en riant. « Ce que j’étais techniquement… une jeune qui s’amusait. »
La photographie sportive reste un domaine où dominent les hommes, en particulier au niveau international d’élite. Lors des Jeux olympiques de PyeongChang, en 2018, quelque deux milliers de photographes étaient accrédités, dont seulement 70 femmes environ.
« C’était fou de me rendre compte que j’étais l’une des 70 femmes dans toute la fosse photo », a‑t‑elle déclaré.

Au fil du temps, Danielle a vu ce paysage commencer à changer. Aux Jeux de Milano Cortina 2026, elle a été témoin de ce changement lors de la cérémonie médiatique de l’épreuve par équipe de patinage artistique, où sept des huit photographes du groupe étaient des femmes.
Elle a partagé ce moment sur les réseaux sociaux, ce qui a rapidement trouvé écho dans la communauté sportive et suscité un dialogue sur la représentation dans la photographie sportive.
Pour Danielle, ces moments comptent tout autant que les images qu’elle capture sur la glace. Ils reflètent un changement qu’elle espère contribuer à poursuivre, afin que les jeunes femmes n’aient plus à s’imaginer dans la fosse photo, mais puissent au contraire la voir comme un lieu où elles trouvent leur place.
