Bien qu’il soit généralement admis que le patinage synchronisé a été lancé aux États-Unis, rappelons que le Canada a rapidement joint le mouvement naissant. Aujourd’hui, le sport gagne en popularité dans le monde entier et plus de 20 pays ont été représentés cette année aux Championnats du monde ISU accueillis par le Canada qui se sont déroulés ce mois-ci à Hamilton, en Ontario.

Une des motivations profondes du sport a toujours été de façonner l’histoire. Et aujourd’hui, après plus de 20 ans de travail avec les comités techniques de patinage synchronisé de l’ISU (SySTC) et les participants du sport, il y a une nette lueur d’espoir que le patinage synchronisé devienne une discipline olympique.

La Canadienne Cathy Dalton, entraîneure de patinage synchronisé et experte en la matière, participe à la discipline depuis ses débuts.

« Avoir une place aux Jeux olympiques était au départ un rêve, admet Cathy, mais grâce au travail infatigable des présidents des comités techniques qui visaient ce but, nommément de Marie Lundmark (Finlande), Leon Lurje (Suède), Uli Linder (Suisse) et Chris Buchanan (Grande-Bretagne), nous avons tous commencé à croire fermement que le patinage synchronisé avait sa place aux Jeux olympiques. »

La Finlandaise Marie Lundmark est la présidente actuelle du SySTC. « J’étais membre du SySTC dès le début, en 1994, à l’époque où notre but principal était de faire avancer la discipline en vue de tenir des Championnats du monde de patinage synchronisé, ce qui a été réalisé en 2000 à Minneapolis. Bien entendu, le succès des championnats a ouvert la porte à la possibilité que le patinage synchronisé devienne une discipline olympique. »

Dans leur plan initial de quatre ans, les comités ont élaboré une stratégie qui préparerait le sport à l’événement suprême. Une des étapes sur le chemin des Jeux olympiques était d’inclure le SyS aux Universiades d’hiver de la FISU, une étape franchie en 2007. Le sport gagnant en popularité dans le monde, les travaux se sont poursuivis avec l’ISU pour établir les normes, les exigences, les âges des patineurs, la composition des équipes de patinage synchronisé, la structure des compétitions… des détails qui aideraient le sport à se conformer aux autres épreuves olympiques.

Il y avait beaucoup à faire, sur la glace et hors glace. Dans les coulisses et au sein de la communauté de patinage synchronisé, la directive était d’établir la crédibilité de la discipline en faisant la promotion de l’acquisition d’habiletés de patinage de qualité.

En sa qualité d’entraîneure, Cathy était en première ligne. « Des décisions ont été prises visant à améliorer l’aspect athlétique des patineurs et la qualité du patinage, d’augmenter la difficulté des éléments et de promouvoir le perfectionnement des entraîneurs. »

Puis, en avril 2011, une autre étape importante était franchie.

« Il y a eu une réunion d’un groupe de travail sur le patinage synchronisé, dit Marie, au cours de laquelle nous avons discuté, avec les membres du conseil de patinage synchronisé, le SySTC, Peter Krick, directeur de la direction des sports, et Krisztina Regöczy, directrice des sports pour le patinage artistique, de la présentation officielle d’une demande au Comité international olympique (CIO). Nous avons donc rédigé une proposition décrivant la logistique d’ajout des équipes de patinage synchronisé aux Jeux olympiques. »

Il a fallu trois longues années de travail laborieux avant, qu’enfin, la proposition soit présentée au Congrès de l’ISU de 2014 à Dublin, en Irlande, et acceptée par le Congrès. L’ISU a par la suite demandé au CIO de reconnaître le patinage artistique comme une discipline olympique et de l’inclure aux Jeux olympiques d’hiver de 2018.

En juillet 2014, l’ISU a reçu un avis de réception officiel du CIO et un formulaire de demande d’information détaillée au sujet du patinage synchronisé, dont des questions portant sur les participants, les compétitions, la composition des équipes, le nombre d’athlètes, la vente des billets, les cotes d’écoute à la télévision et les statistiques des médias sociaux.

Cathy faisait partie de l’équipe responsable de la demande. « Ça a été difficile de trouver des statistiques fiables… mais nous l’avons fait! Nous avons préparé un dossier de présentation du patinage synchronisé à l’intention du CIO auquel nous avons joint de superbes photos, des faits et des bandes vidéo. »

Mais les demandes de renseignements du CIO ne se sont pas arrêtées là.

Au cours de l’été 2014, le CIO a envoyé une équipe d’observateurs à une compétition de patinage synchronisé de première classe, la Coupe de France, afin qu’elle fasse un rapport et présente des recommandations au CIO sur les activités du sport, l’environnement bruyant et enthousiaste et la réponse du public.

« La Coupe de France était une compétition merveilleuse à leur présenter, rappelle Cathy. Les trois personnes représentant le CIO étaient perspicaces et attentives. Elles semblaient aimer la compétition, ainsi que les nombreuses équipes et leurs programmes. Elles ont pris des photos et fait des enregistrements vidéo de la compétition qui, nous l’espérions, accompagneraient leur rapport au CIO… et elles ont assurément vu en quoi le patinage artistique en équipe pouvait créer une nouvelle dynamique et attirer de nouveaux admirateurs dans le mouvement olympique. »

Marie est une optimiste qui croit que le patinage synchronisé s’intègre parfaitement au modèle olympique.

« La popularité croissante de cette discipline auprès des groupes plus jeunes et les encouragements des fervents partisans à l’égard de leurs équipes favorites ont contribué à l’engouement rapide pour cette discipline. La participation des jeunes des fédérations membres de l’ISU s’est répandue dans les cinq continents. Ce sport présente des programmes rapides, dynamiques et exigeants sur le plan physique et technique qui sont très différents des performances difficiles des disciplines traditionnelles du patinage. »

Pour ce qui est du volet commercial de l’équation, Marie ajoute sans hésitation : « Compte tenu du réel attrait que cette discipline exerce chez les jeunes et de l’intérêt marqué des médias sociaux, nous voyons des avantages énormes au développement d’un contenu de marque qui présente d’excellentes possibilités de parrainage et de soutien accru des admirateurs. »

« Le sport est prêt, déclare Cathy d’un air malin. Plusieurs aspects d’ordre organisationnel ont été réglés pour une compétition olympique, par exemple, les horaires, les lieux, le dopage, les zones mixtes, l’hébergement et le transport. Les équipes sont prêtes à partir! »

Pour Marie Lundmark et de nombreux chefs de file du patinage synchronisé, l’approbation du CIO serait la dernière étape importante dans l’évolution du sport. « Je crois que depuis ses débuts, tous ceux et celles qui ont participé au patinage synchronisé (patineurs, entraîneurs, officiels et parents) ont contribué au développement de ce merveilleux sport. Nous espérons que notre travail et nos rêves seront appréciés. »

En attente de la décision du CIO.