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Les patineurs mettent en montre leur talent au camp de haute performance

Le camp post-olympique de haute performance de Patinage Canada, tenu au Hershey Centre, à Mississauga, la semaine dernière, était assez inusité.

Tout d’abord, les étoiles olympiques de la danse canadienne, Tessa Virtue et Scott Moir, bronzé, sont apparus dans la patinoire sans patins et se sont assis dans les estrades, comme spectateurs. Au cours des six dernières années, ils ont perfectionné leurs habiletés, trouvant leurs points forts durant ces camps, et à présent, ils regardaient les patineurs, assis dans une patinoire brutalement froide par la journée la plus chaude de l’été.

Tessa et Scott ainsi que le triple champion du monde, Patrick Chan, font toujours partie de l’équipe nationale, ne donnant aucune indication de leur intention de se retirer. Patinage Canada les a tous invités à assister au camp, mais Patrick avait déjà un horaire chargé.

Les médaillés d’argent en titre des Championnats du monde, Kaitlyn Weaver et Andrew Poje – prêts à suivre leurs traces – étaient heureux de voir Tessa et Scott au camp. « Je crois qu’ils savent tout ce qu’il y a à savoir à propos de la technique, du talent artistique et de la connexion et que l’un ou l’autre voit les programmes et nous donne quelques rétroactions serait extrêmement utile », a déclaré Kaitlyn. « Nous leur en serions très reconnaissants. »

Le temps est venu de passer le flambeau. Michael Slipchuk affirme qu’il n’a jamais vu une telle année de transition, depuis qu’il est devenu directeur de haute performance de Patinage Canada, en 2007. « Nous avons beaucoup de nouveaux visages dans toutes les disciplines », a‑t‑il fait remarquer. « Quelques patineurs n’ont jamais participé à un camp d’entraînement de l’équipe nationale – de même que certains entraîneurs. »

Par exemple, Marie-France Dubreuil y a assisté à titre d’entraîneure pour la première fois. Lorsque Michael Slipchuk est entré en fonction, Marie-France y était en tant que concurrente. C’était la première fois qu’elle était de retour au camp, depuis qu’elle et son partenaire Patrice Lauzon se sont retirés de la compétition en 2007, laissant derrière eux une série de performances mémorables.

Marie-France était accompagnée de quelques nouveaux visages, Elisabeth Paradis et François-Xavier Ouellette, qui ne sont pas exactement membres de l’équipe nationale et n’ont jamais participé à un Grand Prix junior, mais à l’âge de 22 ans, ils ont finalement impressionné.

Leurs scores à la Coupe de Nice, la saison dernière, les ont placés parmi les 75 meilleurs conformément aux critères de sélection du Grand Prix. Ainsi, Patinage Canada leur a accordé une place aux Internationaux Patinage Canada, à Kelowna, C.-B., en octobre. « Nous les avons très rapidement placés un niveau élevé », a signalé Michael. « C’est ce que nous aimons voir… le niveau junior ne marque pas la fin. Ce n’est qu’un arrêt en cours de route. » Si on s’en tient à la dernière période quadriennale, les jeunes patineurs pourraient vite gravir les rangs au cours des quatre prochaines années, a fait observer Michael. Patinage Canada aura une meilleure idée, dans deux ans, de la composition de l’équipe olympique de 2018, mais pour le moment, c’est le temps de déployer leurs ailes et d’examiner toutes les possibilités.

Au camp d’entraînement, Elisabeth et François-Xavier ont obtenu des conseils inestimables, les préparant en temps opportun pour les Internationaux Patinage Canada. « Les très jeunes patineurs ont hâte et sont excités », a fait remarquer Michael.

Malgré que le groupe soit tout nouveau, Michael soutient que ce fut un bon camp qui a aussi permis à Patinage Canada de recueillir beaucoup des renseignements utiles. « Ce fut une bonne occasion de voir que la plupart des patineurs étaient très prêts », a-t-il affirmé. « Nous avons vu beaucoup de bonnes choses… Un grand nombre était prêts à l’action. »

L’un des points saillants du camp de deux jours pour Michael a été d’assister à la réussite du quadruple Salchow lancé, exécuté par les vétérans (et membres les plus âgés de l’équipe) Meagan Duhamel (28 ans) et Eric Radford (29 ans) – durant leur répétition simulée. « Cette réussite, ce jour-là, a été bonne pour l’équipe », a ajouté Michael. La réussite du saut dans une compétition simulée, à laquelle assistent des juges et des officiels techniques, est de bon augure pour les futures compétitions.

L’optimisme à ce camp d’entraînement découle des grands efforts déployés par les vétérans aux championnats du monde, en mars dernier, lorsque Meagan et Eric ont remporté leur deuxième médaille de bronze et Kaitlyn et Andrew ont raté par 0,2 point la victoire du titre mondial. De plus, trois équipes canadiennes de danse ont terminé parmi les dix meilleurs pour la première fois depuis plusieurs années et beaucoup de patineurs se sont classés parmi les douze meilleurs. Nam Nguyen, le plus jeune patineur au camp, âgé de 16 ans, à l’instar de Gabby Dale, s’est épanoui à la fin de la dernière saison, remportant un titre mondial junior et se classant parmi les douze meilleurs aux championnats du monde, dans sa première année de compétition internationale senior.

Au camp, Michael a pu voir que Nam était déjà encore meilleur et plus fort cette saison. « Brian a un bon plan pour Nam », a soutenu Michael.

En effet, le camp est une bonne indication de l’état de préparation de l’équipe. Si les athlètes accusent du retard, ceci indique qu’il faut s’assurer qu’ils soient prêts pour la saison de compétitions qui vient. Non seulement, est-ce que Patinage Canada a fait appel à ses meilleurs officiels accrédités à l’échelon international, mais a aussi eu recours à d’autres personnes pour donner des rétroactions internationales : Simon Briggs, entraîneur et spécialiste technique de Grande‑Bretagne (il était le spécialiste technique de patinage en couple aux Jeux olympiques de Vancouver) et David Kirby, un gourou technique des États-Unis, qui a des liens avec le Canada.

Le camp était aussi un important point de référence pour les nouvelles équipes, dont Kirsten Moore-Towers et Mike Marinaro ainsi que Brittany Jones et Joshua Reagan, qui sont les équipes les plus récentes. « Il s’agit probablement de la première fois qu’ils se présentent devant les juges, les spécialistes techniques et les partisans de Patinage Canada, pour exécuter un programme », a précisé Michael. « Il s’agit d’une bonne simulation pour eux. Et, Brittany et Joshua n’ont jamais concouru au niveau international. Nous aimons voir comment ils se produisent dans cet environnement. Nous considérons que les camps sont des occasions d’apprentissage. »

Le camp était le moment pour tous de mettre en montre leurs talents et beaucoup l’ont fait.