En souvenir du rédacteur sportif Neil Stevens, reconnu pour sa contribution au patinage

Dans le sport du patinage artistique, Neil Stevens était un point d’ancrage. Ne se distinguant pas par ses voltes, ses pieds rapides ou son incroyable capacité d’exécuter des sauts, il restera gravé dans notre mémoire en raison de ses écrits. Journaliste à La Presse canadienne pendant plus de 34 ans, Neil a fait le reportage de tous les événements nationaux et internationaux de patinage artistique, pendant la majeure partie des années 80 et 90. En tout, il a couvert 22 Championnats du monde de patinage artistique, huit Jeux olympiques et tous les Championnats canadiens au cours de cette période.

Neil a succombé au cancer le 1er avril 2022.

Il est arrivé sur la scène au milieu des années 80, couvrant de nombreux noms familiers, tels que Kurt Browning, Brian Orser et Elizabeth Manley, ainsi que de nombreuses autres étoiles nationales et internationales. Neil était les yeux et les oreilles des partisans de patinage artistique, lorsque Kurt Browning a remporté les Championnats du monde, en 1989. Il était là aussi pour raconter l’histoire de Jamie Salé et David Pelletier, aux Jeux olympiques de 2002. Sur le point de prendre sa retraite, il a attesté de la victoire de la médaille d’or de Jeffrey Buttle, gagnée aux Championnats du monde de 2008, en Suède. Qu’il nous ait relaté beaucoup d’histoires à propos des athlètes que nous aimons serait le moins qu’on puisse dire.

Tout comme on se souviendra de lui pour ce qu’il a écrit, Neil restera également dans les mémoires à cause de son caractère.

« Neil était un personnage qui avait du caractère et l’un des rédacteurs sportifs les plus professionnels à honorer sa profession. Il disait ce qu’il allait faire et il le faisait bien », a déclaré Steve Milton, collègue rédacteur sportif au quotidien Hamilton Spectator.

Kurt Browning et Mike Slipchuk, membres de l’équipe nationale, ont tous deux passé de nombreuses heures à être interviewés par Neil, durant leurs parcours dans le patinage de compétition. Tous deux ont décrit Neil comme un journaliste qui apportait réconfort et familiarité.

« Il était un visage très familier dans la foule », se souvient Mike. Kurt s’est rappelé que « les zones mixtes et les conférences de presse ressemblaient à des soirées de fin de compétition et Neil y comptait pour beaucoup ».

D’après Kurt, Neil était un homme calme, presque timide. En ce qui concerne son style d’entrevue, il a ajouté que Neil avait une approche lente et méthodique… qui donnait l’impression qu’une bombe arriverait à tout moment.

« Avec Neil, les patineurs pouvaient s’attendre à ce qu’on leur demande l’inattendu. Toutefois, qu’il vous pose une question facile ou difficile, vous pouviez vous attendre à ce qu’elle soit juste. Il fallait être prêt à tout. Ses reportages étaient véridiques et exacts, que l’histoire soit bonne ou mauvaise », a ajouté Mike.

Kurt et Mike ont tous deux exprimé comment Neil avait cette façon de faire en sorte que les gens se sentent intéressants et spéciaux. Neil était une voix constante, fiable et vraie – une voix qui obtenait le respect des athlètes qu’il couvrait. Ce respect s’est étendu à ses collègues des médias.

« Neil faisait qu’on se sente chez soi sur la route. Lors du reportage d’événements, les journées sont longues, allant parfois jusqu’à 15 heures. Les gens sont loin de leurs familles pendant des semaines, mais Neil n’en faisait pas grand cas, une qualité essentielle dans un groupe de personnes qui se battent toutes pour la même histoire », a déclaré Steve Milton. Neil avait une voix douce, un humour émouvant et apportait familiarité et gentillesse à une profession très compétitive.

« On savait toujours qu’un événement avait commencé à cause des ballons attachés au dos de son siège », a ajouté Steve.

Reconnu pour les fleurs et les ballons qu’il apportait au centre des médias lors d’événements, Neil donnait aussi souvent des chocolats aux bénévoles. Son chapeau noir classique, pas tout à fait un chapeau mou ni de cowboy, mais quelque chose entre les deux le démarquait dans une foule, de sorte que les patineurs savaient toujours que Neil était dans la patinoire.

Son chapeau notoire. Kurt Browning a fait part d’une drôle d’anecdote à propos de ce chapeau. Aux Championnats du monde de patinage artistique de 1989, lors de la conférence de presse, alors qu’il était proche d’être couronné champion du monde, Kurt Browning a conclu un accord avec Neil.

Kurt a dit à Neil que quand il gagnerait les Championnats du monde, Neil serait tenu de lui donner ce chapeau. » Et, voilà que Kurt a remporté les Championnats du monde cette année-là et Neil, fidèle à sa parole, s’est approché de Kurt lors de la conférence de presse et lui a donné son chapeau.

« Bon sang, le chapeau est de la bonne taille », s’est exclamé Kurt.

Kurt a porté le chapeau pendant de nombreuses années, mais il l’a finalement rendu à Neil, car il devait retourner à son propriétaire légitime.

Membre du Temple de la renommée du hockey et de la crosse, il a rédigé des milliers d’articles au cours de ses 34 années et l’histoire ne sortait jamais des limites de l’histoire. Neil a couvert 20 finales de la Coupe Stanley, quatre tournois de hockey de la Coupe Canada, les matchs de huit championnats de la National Lacrosse League, ainsi que d’innombrables autres événements sportifs au cours de l’exercice de ses fonctions.

Neil se trouvait sur place, en 1987, lorsque Mario Lemieux a marqué le but gagnant à la Coupe Canada 1987. Il était là, aux Jeux olympiques de 1996, lorsque Silken Laumann a été médaillée d’argent et, à nouveau, lorsque l’équipe de hockey masculine du Canada a remporté l’or olympique de hockey en 2002.

En tant qu’expert dans de nombreuses disciplines, Neil a pu attirer l’attention sur des sports plus traditionnels, ce qui lui a permis de raconter l’histoire du patinage artistique en tant que sport. Professionnel hors pair, il respectait toujours ses échéances, quelque chose qui n’était pas facile à faire, surtout dans les années 80. En tant que journaliste de La Presse canadienne, Neil devait réunir tous les classements, entrer chacun et s’assurer qu’ils soient corrects, ce qu’ils étaient toujours.

En général, la voix d’un rédacteur est silencieuse, les mots que nous entendons lorsque nous les lisons ne sonnent pas nécessairement comme ceux de la personne qui les a écrits et, pendant 34 ans, Neil a été cette voix qu’entendaient en eux-mêmes les partisans de patinage artistique. Il a donné au public l’accès à certains des plus grands moments de l’histoire du sport et élevé l’authenticité du patinage artistique à une époque où il semblait que tout le monde en tombait amoureux. Il apportait réconfort, familiarité et plaisir à ceux qui l’entouraient.

Patinage Canada remercie Neil pour sa contribution au patinage et présente ses sincères condoléances à sa famille et à ses amis. L’héritage qui a laissé, au sport du patinage, se poursuivra grâce à ses paroles et il ne fait aucun doute que sa réputation et sa présence professionnelle représenteront le modèle pour de nombreux rédacteurs sportifs à venir.

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