Des étudiants du collège Canadore patinent pour la première fois

De nombreux clubs de patinage au Canada remportent un vif succès et se vantent de faire grimper les inscriptions, tandis que d’autres rencontrent d’immenses problèmes opérationnels. Les coûts augmentent considérablement alors que les adhésions sont en chute dans certaines régions en raison de la concurrence avec d’autres activités et des changements démographiques. Même le petit groupe de bénévoles dévoués s’étiole.

Certains clubs, tel le club de patinage artistique de North Bay situé dans le nord de l’Ontario, ont eu recours à des levées de fonds pour amortir une partie de leurs coûts. Bien que les anciennes méthodes éprouvées de collecte de fonds aient remporté un succès modéré dans le passé, avec la diminution des ressources et des occasions, le club a réalisé cette année qu’il devait faire preuve de créativité et trouver une nouvelle façon de soutenir ses activités de base.

Mais comment?

Le club avait déjà eu des contacts avec le collège Canadore, le collège des arts appliqués et de la technologie de North Bay, par l’intermédiaire d’étudiants du programme de marketing et de publicité qui avaient aidé le club à élaborer son plan de marketing pour recruter de nouveaux membres et promouvoir le club auprès de la collectivité. Un jour, lors d’une conversation fortuite à la patinoire entre un parent de Patinage Plus et le coordonnateur de Patinage Plus du club, la discussion porte sur le recours de nouveau au collège, cette fois-ci pour attirer les étudiants internationaux et les inscrire à un programme d’apprentissage du patinage.

Bingo!

Le collège comptant de nombreux étudiants internationaux dont certains n’avaient jamais vu de la glace ou de la neige, l’idée de collaborer avec le club pour créer un programme pilote d’apprentissage du patinage et offrir aux étudiants une toute nouvelle expérience canadienne a vu le jour.

Fraser Mowat, le responsable du collège, a rapidement vu les avantages de la proposition. « Le patinage est une expérience insaisissable pour tout le monde, mais qui peut s’avérer effrayante pour ceux et celles qui n’ont jamais patiné. Grâce au savoir-faire du club local de patinage, on donnait aux étudiants l’occasion de découvrir la glace et d’apprendre à patiner avec des experts. »

David Villeneuve, président du club de patinage artistique de North Bay et professeur au collège, se doutait bien que l’idée était parfaite. « J’ai continué à discuter de ce partenariat et nous avons trouvé moyen de partager le temps de glace avec le programme de patinage préscolaire. Nous savions que ce serait un défi pour le club et plus précisément pour les entraîneurs qui devaient donner le programme, mais ce nouveau concept innovateur était excitant. »

Une fois le collège convaincu, le club a rapidement mis les choses en branle. L’idée avait germé en octobre et le but était de mettre en œuvre le programme en décembre. Avec seulement deux mois pour régler tous les détails du programme, la planification est allée très vite.

La priorité était de créer un environnement raisonnable pour ces patineurs adultes. « Nous avons décidé de diviser la glace réservée habituellement aux patineurs préscolaires, ajoute David, afin que les patineurs du collège ne se sentent pas trop embarrassés. »

Skating student gets help tying skates.

Photo: PJ Wilson

L’autre défi était d’encourager les participants à reconnaître la nécessité de se procurer un bon équipement. Même si le collège Canadore fournissait des patins et des casques, certains patineurs se présentaient avec des patins achetés en ligne ou empruntés à des amis… de très mauvaise qualité, sans soutien des chevilles et dont les lames étaient tellement émoussées qu’elles n’auraient pas pu couper du beurre.

La conception du programme sur la glace exigeait également de faire preuve de créativité. En collaboration avec le club et les entraîneurs, il a été décidé de donner à chaque groupe d’étudiants trois séances de 45 minutes.

L’entraîneure Cara Song s’est rendu compte qu’il fallait aussi considérer d’autres aspects en concevant le programme. « L’approche gagnante consistait à tenir compte des barrières linguistiques et des capacités différentes de patinage, et à exécuter un programme simple, centré sur les besoins des patineurs et sur les habiletés fondamentales. »

Les entraîneurs se préparaient avec impatience à l’arrivée de chaque nouveau groupe d’étudiants « Le premier jour a été très excitant, avoue Cara. Au départ, 23 étudiants s’étaient inscrits à la première séance, mais comme la plupart d’entre eux utilisaient pour la première fois le transport public pour se rendre à la patinoire, ils sont tous arrivés en retard, les uns après les autres. Nous avions installé des pancartes un peu partout autour de la patinoire et attendions avec impatience de les accueillir. »

Se tenant debout à la patinoire, David n’oubliera jamais la vue des patineurs qui faisaient leurs premiers pas sur la glace. « Ils s’accrochaient tous aux bandes! Mais avec l’aide et les encouragements de nos entraîneurs et AP, les nouveaux patineurs ont vécu une première journée de patinage incroyable. Ils s’amusaient tellement qu’ils prenaient des autoportraits d’eux et des photos de groupe dans leur attirail pour les afficher sur Facebook à l’intention de leurs familles et amis de leur pays. »

Cara est d’accord. « Tout le monde était excité et heureux d’être à la patinoire. Nous avions des étudiants de partout dans le monde… d’Asie, d’Europe, d’Amérique du Sud. À l’exception de quelques personnes, la plupart des étudiants n’avaient jamais patiné sur la glace. Quelques-uns ont vraiment vite appris de façon naturelle. D’autres tablaient sur leurs habiletés acquises dans le cadre d’autres sports, comme le patin à roues alignées. Et la moitié du groupe a commencé la séance en se tenant à la bande. »

La langue n’a jamais posé problème pour l’assistante de programme de Patinage Plus, Callie O’Connor. « Il m’est arrivé quelques fois de faire une démonstration et de leur montrer visuellement les choses plutôt que de les expliquer, mais de toute évidence, à la longue, ils ont fini par comprendre clairement mes instructions. »

Un des premiers étudiants était Breno da Nobrega Bezerra, originaire de Natal, au Brésil. « Ça m’excitait d’imaginer la chose et j’avais un peu peur de patiner. J’avais fait un essai une fois à Ottawa, mais je n’avais pas un bon équipement et je ne savais pas comment m’y prendre. J’ai vraiment été content que des amis me parlent des cours de patinage. »

« À chaque séance je m’améliorais un peu et j’apprenais de nouvelles choses. Les instructeurs m’ont aidé à prendre de l’assurance de sorte qu’à la fin des leçons de patinage, j’étais assez sûr de moi pour m’amuser sur la glace. Ça a été pour moi un moment merveilleux que je n’oublierai jamais. »

C’était un programme merveilleux, ajoute l’entraîneure Cara. « Quand on travaille avec des adolescents ou des adultes dans le cadre de Patinage Plus ou d’un des programmes d’apprentissage du patinage, les patineurs manifestent un intérêt unique. Ils veulent vraiment tous être là. L’excitation de ces étudiants internationaux était contagieuse et j’ai eu le sentiment de découvrir le sport sous un nouveau jour grâce à eux. »

Canadore College student learns to skate.

Photo: PJ Wilson

Le résultat a été inspirant pour tout le monde.

Fraser Mowat, du collège Canadore, reconnaît que les étudiants ont adoré leur expérience, la qualifiant de fait saillant de leur séjour à North Bay. « La plupart d’entre eux ont voulu prendre d’autres leçons. Quelques étudiants ont emprunté des patins pour s’élancer par eux-mêmes sur la glace après les cours au collège. »

Breno fait partie de ce groupe. « À chaque séance je m’améliorais un peu et j’apprenais de nouvelles choses. Les instructeurs m’ont aidé à prendre de l’assurance de sorte qu’à la fin des leçons de patinage, j’étais assez sûr de moi pour m’amuser sur la glace. Ça a été pour moi un moment merveilleux que je n’oublierai jamais. »

Cheryl Maltby, une autre membre de l’équipe des entraîneurs, a été ravie des réactions des étudiants. « Le dernier jour, des patineurs m’ont confié qu’ils feraient tout leur possible pour continuer à patiner dans leur pays. »

Du point de vue du club, c’est une immense réussite pour la collectivité et pour le budget du club. « Ce projet nous a donné l’occasion de tisser de nouveaux liens avec la communauté du collège Canadore, de dire David. « Comme je suis membre de ces deux organisations, je suis à même de constater en quoi ce projet nous permettra de créer des liens avec d’autres établissements d’enseignement et culturels et de consacrer plus de temps de glace et d’entraînement à ces programmes. Nous avons attiré une nouvelle population et clientèle à laquelle nous n’avions jamais pensé. Le Canada est composé d’immigrants à la recherche de nouvelles possibilités et le patinage pourrait bien en être une. »

David a de sages conseils à donner aux clubs inspirés par l’histoire du club de North Bay : « Commencez tôt. Adressez-vous aux départements d’études internationales dans les établissements d’études postsecondaires, aux écoles secondaires qui ont un programme d’échange avec des étudiants étrangers et aux agences communautaires multiculturelles. Ils sont toujours à la recherche d’expériences uniques. Il y a toujours des personnes prêtes à vivre de nouvelles expériences si l’occasion se présente. »

Vous désirez apprendre à patiner. Rien de plus facile! Il suffit de trouver un club de Patinage Canada parmi les 1 400 clubs dans l’ensemble du pays qui offrent des programmes reconnus à l’échelle nationale enseignés par des entraîneurs certifiés.

Pour trouver un club près de chez vous, tapez Recherche d’un club et adonnez-vous à la joie du patinage.

En conclusion, je félicite le club de patinage artistique de North Bay d’avoir initié plus de patineurs au patinage pour la vie!

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