Élisabeth Paradis et François-Xavier Ouellette dansent sous le feu de leur propre projecteur

S’il y a une leçon qu’Élisabeth Paradis et François-Xavier Ouellette ont apprise au cours des quelques derniers mois, c’est que chaque jour qu’ils mettent pied sur la glace, ils doivent s’efforcer de faire mieux, quoi qu’il arrive.

Peu importe les déceptions, la grisante compétition au-delà des murs de leur centre d’entraînement, les chances qu’ils ont ratées et, aussi, peu importe qu’avant cette année, personne n’avait jamais vraiment entendu parler d’eux. En fin de compte, rien de tout cela n’a eu d’importance.

À présent, leurs performances – et leur histoire – font verser des larmes. Leur danse libre? Ils l’exécutent sur la chanson Un peu plus haut de Ginette Reno, une chanson inspirante que l’entraîneure et chorégraphe Marie-France Dubreuil a entendue aux Jeux olympiques de 2010. Elle a su immédiatement qu’il en ressortirait une excellente danse libre. Mais, il a fallu d’un à deux ans pour qu’Élisabeth et François-Xavier puissent utiliser une telle musique. « Cette année, nous avons cru que nous étions assez bons », a déclaré Élisabeth.

Quand ils se sont produits aux Internationaux Patinage Canada, à Kelowna, en Colombie‑Britannique, les gens se sont levés, après avoir observé des taches de rose et de gris passer joyeusement d’une jolie position à l’autre. Les champions olympiques de 2010, Tessa Virtue et Scott Moir regardaient aussi, à l’écart. « Oh mon Dieu », s’est écriée Tessa. « Ce fut un incroyable programme, probablement mon favori de la soirée. Il vraiment eu un impact. »

« Un peu plus haut, c’est presque vraiment comme notre histoire », a avoué Élisabeth. L’équipe vise plus loin et de plus en plus haut.

Tessa et Scott avaient vu Élisabeth et François-Xavier au camp national d’entraînement, en septembre. « Nous les avons aussi vraiment aimés au camp », a affirmé Scott.

Le fait qu’ils participent même au camp était un miracle, une pause. Ils ne faisaient pas réellement partie de l’équipe nationale, ayant terminé huitièmes aux Championnats canadiens précédents et septièmes l’année antérieure. Pourtant après avoir obtenu la cinquième place à la Coupe de Nice l’an dernier, grâce à de bonnes notes, Patinage Canada les a invités au camp.

Ils étaient radieux, simplement d’être là, au camp. La Coupe de Nice avait été leur première compétition internationale, parce qu’ils n’avaient jamais été affectés à des événements du Grand Prix junior. Ils étaient toujours sur le seuil. « Nous étions au niveau junior pendant deux ans et ce fut de très fortes années, toutes les équipes novices de la Colombie-Britannique grimpant aux rangs juniors et, ainsi, nous n’avons pas eu notre chance », a déclaré Élisabeth. Ils sont maintenant tous deux âgés de 22 ans.

Ils étaient occupés à s’entraîner à la patinoire, lorsque leurs amis et camarades d’entraînement, Sara Hurtado et Adrian Diaz (d’Espagne) les ont appelés pour leur dire qu’ils avaient aussi été affectés aux Internationaux Patinage Canada, tout comme eux. Ils ont cru que c’était une blague. Mais, ce ne l’était pas. « Nous étions vraiment reconnaissants à Patinage Canada de nous donner cette chance, d’avoir confiance que nous allions bien réussir », a ajouté Élisabeth. Ils avaient espéré obtenir un événement du Grand Prix la saison suivante.

Seulement une semaine et demie environ avant Skate America, ils ont appris qu’ils allaient aussi à Chicago, après que les Reeds se soient retirés en raison de blessure. Ils venaient de rentrer du Trophée Nebelhorn, où ils avaient terminé en cinquième place. « Bonne chose que nous n’avons pas pris quelques jours de congé », a soutenu Élisabeth.

Huitièmes après la danse courte et leurs nerfs leur donnant l’impression que leurs jambes étaient du spaghetti, Élisabeth et François-Xavier ont surpris tout le monde en terminant quatrièmes en style libre et quatrièmes au classement général à leur premier Grand Prix.

« Skate America était notre première expérience à un Grand Prix », a déclaré François-Xavier. « C’était nouveau et passionnant. Nous avons eu beaucoup de plaisir, à nous entraîner et à profiter simplement du moment. Je pense que nous étions tous deux un peu nerveux avant la danse courte, donc nous avons été très heureux de rester debout, sur nos pieds. Mais, nous étions bien préparés ».

Ils étaient plus détendus dans le programme libre. Ils savaient à quel niveau ils feraient face, parce qu’ils s’entraînent avec de fortes équipes au Québec.

Les Championnats nationaux les ont préparés pour l’expérience aux Internationaux Patinage Canada. « C’était tellement agréable d’aller s’échauffer et d’entendre tout le monde vous encourager! », a soutenu Élisabeth. « Et, il y avait des drapeaux canadiens partout. C’était vraiment génial. »

Élisabeth et François-Xavier ont commencé à patiner ensemble il y a quatre ans, lorsque leurs partenaires précédents ont décidé d’abandonner. François-Xavier travaillait avec l’ancien danseur sur glace Pascal Denis, qui emmené le jeune patineur avec lui quand il est allé travailler à l’école de Marie-France Dubreuil et Patrice Lauzon, à Montréal. Élisabeth s’entraînait auparavant à Québec, donc elle a dû déménager à Montréal pour patiner avec François-Xavier.

« Ce fut une décision très facile pour moi, parce que Xavier était le meilleur patineur auquel je puisse penser dans la province de Québec », a fait remarquer Élisabeth. Ils ont compté parmi les premiers patineurs à l’école de Marie-France et Patrice, qui a continué à régulièrement accueillir de forts patineurs internationaux. « Nous sommes une grande famille et c’est vraiment amusant », affirme François-Xavier.

« Elle nous apprend à devenir de vrais champions », a dit Élisabeth, en parlant de Marie‑France. « Parce que c’est ce qu’ils étaient, non seulement sur la glace. »

Soutenus par la confiance, ils ont exécuté leur danse libre de façon sensiblement différente au Trophée Nebelhorn et aux Internationaux Patinage Canada. À Kelowna, ils ont peint un magnifique tableau. Leur but est d’apprendre de chaque compétition, afin de s’améliorer chaque jour. Cet état d’esprit les a amenés jusqu’ici.

« Notre premier événement international a eu lieu il y a un an », a fait observer Élisabeth. « Maintenant, nous en sommes à notre deuxième Grand Prix. Ce n’était pas si facile quand nous étions jeunes et n’obtenions rien. Nous avons commencé au bas, mais avons continué à travailler dur. Nous ne sommes plus des remplaçants. »

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