Kaitlyn Weaver et Andrew Poje se mettent sur leur trente-et-un cette année

Oserions-nous le dire? Kaitlyn Weaver et Andrew Poje se mettent sur leur trente-et-un cette année.

Ce n’est pas que les danseurs sur glace médaillés d’argent en titre des Championnats du monde ont jamais été vêtus de vêtements en lambeaux, mais cette saison, sachant très bien qu’ils ne se trouvaient qu’à 0,02 point d’une médaille d’or aux Championnats du monde, en mars dernier, ils se parent de leurs plus beaux atours pour faire face au défi, cette année, à Shanghai.

Tout a commencé à la première séance d’entraînement aux Internationaux Patinage Canada, le mois dernier, lorsqu’Andrew est apparu sur la glace vêtu d’un « costume illuminé », comptant la collection la plus extraordinaire de fils et de paillettes que le sport n’ait jamais vue. Bien sûr, l’équipe exécutait un Paso Doble, une danse espagnole dramatique et puissante exigeant un jeu de pieds précis et un mouvement exact, l’une des rares danses pour lesquelles les hommes jouent le rôle de premier plan. Kaitlyn, vêtue d’une robe flottante de couleur vermillon – également fortement incrustée d’or – était la cape, volant au commandement du toréador dans l’arène.

Une telle danse ne laisse pas place aux subtilités. Et, Kaitlyn et Andrew ne souhaitent pas être subtiles. « Nous voulons être les meilleurs au monde et tout est dans les détails », a soutenu Kaitlyn. « Nous savions que nous devions bien paraître. »

Les détails? Ils sont extraordinaires.

« Je pense que nous remportons le prix pour l’éblouissement », a signalé Andrew. « Je pense que je scintille plus que Kaitlyn cette année – ce qui est nouveau pour moi. »

Le costume d’Andrew est noir, mais il porte une veste très décorée – avec larges épaulettes incrustées d’or et larges bandes de broderies complexes et perlées sur les côtés de ses jambes, de façon fidèle à la tradition. En ce qui concerne Kaitlyn, elle porte une robe conçue par la conceptrice canadienne de théâtre primée, Debra Hanson. « Elle excelle à trouver du tissu de choix et les bonnes couleurs et nuances », a dit Kaitlyn. Sa « cape » est rare du fait qu’elle n’est pas teinte d’une seule nuance de rouge. À partir d’un rouge cerise foncé au corsage, elle devient orange flamboyant à la jupe. Ceci, affirme Kaitlyn, donne une profondeur à la couleur.

« Elle est confortable et facile à porter et j’étais heureuse qu’elle soit assez sophistiquée pour moi et permette vraiment de centrer l’attention sur Andrew », dit-elle. (N’oublions pas toutefois que le devant et le dos de son corsage sont fortement perlés d’or, comme certaines capes décoratives). Debra Hanson, qui a travaillé au Stratford Festival Theatre et à La Compagnie d’opéra canadienne, a conçu les deux costumes. Ce n’est pas sa première incursion dans la conception de costumes de patinage artistique; elle a aussi créé leurs tenues olympiques.

Kaitlyn et Andrew voulaient des tenues classiques de Paso Doble, qui avaient l’air authentiques. « Nous avons regardé tous les vieux costumes de patinage artistique et nous nous sommes demandé ce que nous pourrions faire pour démarquer les nôtres? », a ajouté Kaitlyn.

Oui, il y avait la simplicité des tenues de Paso des Duchesnay en 1992 – Paul vêtu simplement de noir, Isabelle portant une robe perlée – mais pas aussi fortement perlée que celle de Kaitlyn. Cette année-là, Marina Klimova et Sergei Ponomarkenko portaient des tenues qui semblaient peu convenir au caractère du Paso : lui vêtu d’une chemise noire à manches bouffantes et elle, d’une longue robe noire à franges. Les champions olympiques de 1984, Natalia Bestemianova et Andrei Bukin, n’avaient pas l’air de terriblement respecter le caractère du toréador quand ils ont exécuté le Paso comme danse sur tracé original prescrit. Elle portait une jupe courte avec des rangs serrés de volants, ressemblant plus à une tenue pour la samba.

Et, Jayne Torvill et Christopher Dean? Leur Paso de 1984 était légendaire et exécuté conformément au style, Christopher portant un court boléro blanc décoré et Jayne ressemblant à la cape correspondant à sa tenue. Enfin, une percée au Paso.

N’oublions pas Oksana Grishuk et Evgeny Platov, qui portaient des costumes ressemblant plus à un « costume illuminé » et une cape que la plupart des autres patineurs célèbres aux Championnats du monde de 1996. Les vêtements d’Evgeny étaient lourdement décorés de perles et paillettes, tout comme ceux d’Oksana et l’équipe a magnifiquement interprété le concept.

Dès que Kaitlyn et Andrew ont vu les croquis conçus par Hanson, ils étaient tout à fait d’accord. Il a fallu quelques semaines de travail de différents fabricants de costumes pour produire les vêtements. Kaitlyn et Andrew ne les ont pas reçus à temps pour le Trophée Nebelhorn, mais les ont obtenus juste avant de partir pour les Internationaux Patinage Canada, à Kelowna. Ils n’ont pas eu beaucoup de temps pour s’entraîner avec les costumes. Au Detroit Skating Club, la première fois qu’ils sont apparus sur la glace vêtus des tenues, tous leurs camarades d’entraînement se sont mis à applaudir. « C’est là que nous avons su que nous nous dirigions dans la bonne voie », a affirmé Kaitlyn.

« Ça valait bien la peine d’attendre », a soutenu Andrew. Mercredi, ils ont patiné vêtus de leurs vêtements sophistiqués pour la première fois. Vendredi, ils ont concouru aux Internationaux Patinage Canada avec leurs nouvelles tenues. Il ne fallut pas longtemps pour que Kaitlyn subisse les effets secondaires du scintillement. Elle souffre de brûlures de perles, partout, après avoir frôlé trop près le costume d’Andrew, peut-être comme si elle avait volé trop proche du soleil. Elle dit que ceci ne la distrait pas. « Je crois que c’est génial, car je n’ai jamais vu Andrew aussi excité par un costume auparavant », dit-elle. « Il n’est pas une personne qui aime vraiment être sophistiquée. »

C’est un costume pour les annales. Andrew croit que son « costume illuminé » pèse au moins 10 livres, mais il a été conçu de sorte qu’il n’entrave pas son mouvement. « Nous devrions le peser », dit-il de façon espiègle. « C’est le costume le plus lourd que je n’ai jamais eu. »

De façon plus importante, les costumes ont un effet psychologique sur eux. « J’ai l’impression d’être un matador », soutient Andrew. Dès qu’il l’enfile, il se sent « tellement plus imposant ». Le but, dit-il, est de remplir le stade et l’arène par sa présence. « Lorsque je porte ce costume, je ressens cette puissance », a-t-il affirmé.

Ce sentiment de force est très important. « Ceci semble matérialiste d’une manière, mais c’est vraiment important », a affirmé Kaitlyn. « La performance débute avant même de se trouver sur la glace. Les gens captent le message que vous leur envoyez. Nous voulons que ce message soit de classe mondiale. »

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