Meagan Duhamel et Eric Radford revigorés en vue de la saison 2014-2015

La dernière saison olympique s’est avérée une année comme nulle autre pour les patineurs en couple Meagan Duhamel et Eric Radford. Chaque moment était empreint de stress et de tension.

Chaque minute était tellement importante qu’Eric a commencé à regarder quatre fois des deux côtés de la rue avant de la traverser. Il faisait même très attention lorsqu’il descendait un escalier, faisant tout son possible pour éviter toute blessure et tout revers durant une saison aussi importante. Ils ont lutté pour chaque point obtenu et pour plaire aux juges. Il semblait y avoir plus de bas que de hauts. Lorsque Meagan est rentrée à la maison après sa saison, elle a dormi pendant quatre ou cinq jours, exténuée.

Plus maintenant. « Je me sens plus léger, plus libre », a déclaré Eric, après une séance d’entraînement à Montréal. « Je ne laisserai pas le patinage contrôler ma vie comme il l’a fait depuis les quatre dernières années. J’adore toujours patiner, je serai toujours reconnaissant et patinerai de mon mieux. Mais, le patinage ne définira pas la façon dont je me sens et comment je me vois. »

Ils étaient vraiment épuisés au terme de la dernière saison et avaient besoin de repos. Ils ont pris tout le mois de juin de congé, Eric prenant des vacances à Tel-Aviv et Meagan achetant un condo et célébrant ses fiançailles à l’entraîneur Bruno Marcotte.

« Notre participation aux Jeux olympiques a été superbe », a signalé Eric. « Nous avons atteint tous nos buts. Nous avons toutes les médailles jamais souhaitées. Mais, nous adorons le patinage et sommes toujours avides de succès. »

Après l’épuisement des quatre dernières années, c’était simplement trop difficile, au début, de s’engager envers d’autres Jeux olympiques et ils ont ainsi pensé qu’ils continueraient pendant une année, puis évalueraient la situation. Mais, une foule de ruptures et de formations d’équipes de patinage en couple, nationales et internationales, a stupéfié tout le monde, même Meagan et Eric. Eric dit que ce sont les «  Hunger Games du patinage en couple ». Mais, ceci a tout changé pour eux.

« C’est comme si nous étions les seuls qui restaient au Canada », a fait remarquer Eric. « Et, il ne restait plus que quelques équipes au monde. Nous avons pensé que nous devrions peut-être tenir bon pour quatre autres années. Peut-être que nous pourrions avoir une carrière vraiment substantielle. »

Ils vont donc de l’avant et ont à présent de nouveaux buts : se rendre à la finale du Grand Prix, gagner d’autres médailles mondiales. Mais, ces buts sont différents de ceux qu’ils avaient auparavant. « Nous voulons une saison sans stress et pression », soutient Meagan.

Depuis quelque temps, ils admirent le calme des champions du monde chinois de patinage en couple, Qing Pang et Tong Jian. Ils les regardaient durant les séances d’entraînement et s’émerveillaient de leur sang-froid, comme s’ils ne se souciaient de rien. Puis au moment de la compétition, ils voyaient Qing et Tong patiner avec une magnifique liberté. « Je veux savoir ce que c’est de se sentir comme ça », a signalé Meagan.

Maintenant, ils patineront pour eux-mêmes, pour l’un l’autre. Ils l’ont fait aux Championnats du monde à Saitama, lorsqu’il n’y avait pas de pression. Patinant avec un sentiment de libération, Meagan et Eric ont en fait mieux patiné qu’aux Jeux olympiques, où ils ont terminé en septième place au classement général – pas ce qu’ils voulaient – et leurs notes se sont améliorées. Ils ont terminé deuxièmes dans le programme court, devant les médaillés d’argent olympiques Ksenia Stolbova et Fedor Klimov. Et, ils ont facilement remporté leur deuxième médaille de bronze, présentant finalement leur programme Alice au pays des merveilles de la façon dont ils voulaient le faire.

« Nous patinerons aussi bien que nous ne le pourrons et qu’il advienne ce qu’il adviendra », a déclaré Eric. « Il y aura des gens qui nous aimeront et des gens qui ne nous aimeront pas. C’est libérateur. »

« Nous voulons simplement quitter la glace et être heureux », a ajouté Meagan.

Et, Eric admet, moins de pression s’exerce sur eux étant donné que Kirsten Moore-Towers et Dylan Moscovitch – une équipe qui les a toujours poussés impitoyablement – ne patinent plus ensemble. « Je n’ai pu m’empêcher de ressentir un tout petit peu de soulagement lorsque j’ai entendu qu’ils ne patinaient plus ensemble », a avoué Eric. « C’était très stressant. Ils nous poussaient beaucoup. Certaines personnes pourraient penser que si elles ne sont pas là pour nous pousser, nous nous relaxerons [trop], mais Meagan et moi ne savons pas comment nous la couler douce. Nous pourrions être coincés sur une île déserte et nous continuerions à nous efforcer chaque jour. »

Néanmoins, il sait qu’il pourra se détendre durant la période de Noël et ne pas se soucier autant des championnats nationaux ayant lieu seulement quelques semaines plus tard.

À vrai dire, Kirsten et Dylan ont énormément secoué leurs rivaux la saison dernière. Les médaillés d’argent des Championnats canadiens ont tout d’abord concouru à Skate America et obtenu des notes très élevées. De retour à la maison, Meagan et Eric ont estimé qu’ils devaient travailler encore plus fort. Aux Internationaux Patinage Canada la semaine suivante – une compétition que Meagan et Eric auraient dû remporter – ils ont cafouillé et se sont retrouvés en troisième place. « Nous avons appris à mi-chemin de la saison que parfois nous nous préoccupions de ce qu’ils faisaient et ceci nous menait à de mauvaises performances », a dit Meagan.

Eric avait le « cœur brisé » pour Dylan, l’un de ses plus proches amis. « Il était prêt pour quatre autres années [avec Kirsten] », a soutenu Eric. « Ce n’était pas son destin. » Mais, Eric a ajouté, ce sera très excitant de regarder toutes les nouvelles équipes qui se sont formées au Canada.

Cette saison, Meagan et Eric ont supprimé la chorégraphie complexe qu’ils croyaient avoir besoin pour gagner chaque point – dans le but d’accroître l’évolution et la vitesse de leurs programmes. Et, ils estiment qu’ils auront une meilleure performance lorsqu’ils pourront patiner avec aisance. « Nous n’avons pas l’impression de nous presser maintenant », a déclaré Meagan.

Avec tout ça à l’esprit, la chorégraphe Julie Marcotte leur a trouvé la musique qu’elle croyait qu’ils devaient utiliser pour leur programme court : la chanson caractéristique Un peu plus haut, de la chanteuse emblématique du Québec, Ginette Reno. Le programme donne le même sentiment que leur programme Tribute de la saison dernière : il est profondément inspirant.

Meagan et Eric profiteront pleinement de la possibilité d’utiliser de la musique vocale cette année et y auront recours pour les deux programmes. Pour le moment, ils ne dévoilent pas leur programme long, signalant seulement que la musique provient d’un groupe rock, qui leur permettra de donner une impression différente.

Et, ils travaillent aussi à un gros truc (aussi secret) qu’ils n’ont jamais exécuté auparavant. Ils espèrent présenter leur nouvelle image à la nouvelle compétition Autumn Classic, qui aura lieu en octobre, à Barrie, en Ontario. Restez à l’écoute. Vous ne vous ennuierez pas.

Beverley Smith

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