Des Canadiens fusionnent le patinage artistique avec le monde des applications numériques

Qui aurait pensé que de prendre l’ascenseur pourrait avoir des conséquences d’une telle portée pour un entraîneur de patinage artistique?

Un jour, il y a environ trois ans, Brian Orser a pris l’ascenseur dans son immeuble de condominiums et en est sorti en tant que futur développeur « d’application » pour le patinage. Peu importe qu’il ne soit pas sur Facebook et n’ait jamais gazouillé de sa vie. Son application, qui s’appelle maintenant Peak Performance Skating, a pour but d’aider les athlètes qui chaussent des patins à surmonter les durs obstacles mentaux, par exemple relaxer suffisamment pour s’endormir ou trouver l’énergie et l’image mentale parfaite pour assurer le succès.

Ben Ferreira, qui a gagné les cœurs du pays entier grâce aux performances de sa vie aux Championnats canadiens de 2004, lorsqu’il a réussi une combinaison quadruple-triple dans le programme court ainsi que sept triples sauts et un quadruple saut dans le programme long, remportant la médaille d’argent, aime aussi le monde de la technologie, mais il ne s’est jamais considéré comme un développeur d’application. Lui aussi s’est intéressé à la technologie la plus récente, dans le but d’apprendre aux patineurs à exécuter un saut, simple ou triple.

Tout ceci sans mentionner l’ancien patineur en couple, maintenant homme d’affaires, Craig Buntin, développant aussi une application fascinante du haut de son perchoir au Québec. Plus de renseignements plus loin à ce sujet.

Il semble que les patineurs canadiens comprennent bien ce monde d’iPhones, d’iPads, d’iPods et d’Androids et savent comment obtenir l’information vitale en effleurant du bout des doigts un dispositif numérique. Et, ils semblent tous avoir une longueur d’avance, étant non seulement des pionniers dans le monde du patinage artistique, mais aussi dans l’environnement numérique.

Pour Brian Orser, c’était le moment parfait, un bon coup du sort lorsqu’il a pris l’ascenseur et a rencontré Asad Mecci, un hypnotiseur et spécialiste de la motivation qui connaissait Brian (mais non vice versa.)

Asad s’occupait d’entraînement mental, de visualisation et de méditation depuis plus de 10 ans et avait travaillé sur la force mentale et l’imagerie avec des membres de l’équipe nationale junior de tennis de l’Inde. Il pensait à développer des applications pour aider les athlètes d’autres sports au sujet de l’entraînement mental.

Le moment était idéal. « C’était quelque chose que je cherchais », a soutenu Brian. Il savait, d’après ses propres expériences, que c’était important. Il n’avait pas eu trop à s’en soucier avec Yuna Kim, douée d’après lui d’une bonne force mentale. « Je suis certain que le soir, elle visualise », a-t-il signalé. « Beaucoup de patineurs ne le font pas. »

L’aspect mental du patinage a fait toute une différence pour Brian. En 1986, il était considéré le grand favori pour gagner le championnat du monde – mais, il admet qu’il a « craqué ».

« Ce fut désastreux pour moi », a-t-il avoué.

Immédiatement après, Brian a contacté le psychologue du sport Peter Jensen, qui lui a aidé à se détendre et à se concentrer sur les compétitions, à vivre au moment présent. Il a remporté le titre mondial en 1987. « J’étais tellement heureux et je voulais le dire au monde entier! », a-t-il affirmé. Il a parlé aux journalistes de l’importance de la contribution de Peter Jensen à chaque entrevue qu’il a faite au cours du mois suivant, mais il a eu l’impression qu’ils ne l’écoutaient pas. « À ce jour, l’aspect mental du patinage n’est pas quelque chose dont on parle assez et aucune ressource n’est facilement à la portée du patineur moyen », a-t-il ajouté. « Aujourd’hui, seuls les athlètes aux niveaux les plus élevés ont la chance d’avoir accès au genre d’aide que j’ai reçue. »

L’initiation de Ben Ferreria aux merveilles de la technologie s’est amorcée avec l’entreprise de séminaires qu’il a fondée avec son épouse Jadene, chorégraphe et danseuse, et avec l’aide de l’entraîneure de performance, Steffany Hanlen, à titre de partenaire. L’idée, a-t-il dit, était de faire passer les séminaires au niveau suivant – par exemple, en offrant un cours de maîtrise de l’exécution d’un saut, comme l’Axel, et examinant chaque nuance et angle. Leur entreprise de séminaires s’appelle Skating Success. Jadene offre des transitions et de la chorégraphie. Ben connaît les positions et les éléments fondamentaux du saut.

Ben est formé en Dartfish et offre des consultations. L’une de ses clientes est la championne canadienne Kaetlyn Osmond. Ben peut déterminer les angles appropriés du corps avec Dartfish et même mesurer la durée et les angles de la trajectoire des patineurs.

« Avant Dartfish, je n’étais pas vraiment versé en technologie », a dit Ben. « Mais, Dartfish a tout changé. »

Dartfish l’a amené à devenir un partenaire pour une application récemment diffusée, appelée FS Tech Jump 1, qui enseigne la technique de saut, du saut simple au triple saut. Il existe très peu d’applications instructives sur le patinage, mais Mark Fitzgerald, un ancien danseur sur glace marié à Naomi Lang, a créé une série de telles applications pour le patinage artistique aux États‑Unis. « Qui se ressemble s’assemble », a déclaré Ben, et Ben et Mark ont fait équipe, franchissant la frontière pour chacun ajouter leur idée. L’entreprise de Mark s’appelle Rink Tank Interactive.

Mark s’occupe de la tâche monumentale de filmer les patineurs, comme Michael Weiss et Naomi Lang et Peter Tchernyshev, et sa force réside dans sa qualité de programmeur informatique, activée lorsque l’iPhone est apparu sur la scène. Ben apporte son expertise de Dartfish au projet. À l’heure actuelle, les applications servent de référence aux patineurs, entraîneurs et parents à propos de la technique appropriée – et le contenu peut être mis à jour en tout temps. Ils préviennent leurs clients de ne pas regarder leurs iPhones quand ils essaient les trucs! L’application a été diffusée en décembre 2013.

Ben signale qu’il n’a parlé à Mark que peut-être huit fois au téléphone. Ils communiquent principalement par message sur Facebook. « C’est vraiment d’offrir le contenu aux masses », affirme Ben. « C’est une continuation des séminaires Skating Success. Nous voyons très grand pour ceci. Nous voulons vraiment faire une différence à grande échelle. Je pense que nous réussirons. »

Au début, Brian n’était pas certain que la visualisation et le processus d’hypnotisme seraient efficaces sans un instructeur sur place pour les séances. Il a donc gardé l’application pour lui‑même pendant un moment. Plutôt, il ne l’a donné qu’à certains de ses patineurs pour voir si elle fonctionnerait. L’un d’entre eux était Yuzuru Hanyu, qui a compté parmi les premiers à l’utiliser.

Yuzuru souhaitait laisser tout son bagage émotif de côté lorsqu’il mettait pied sur la glace. Il voulait se concentrer pleinement et vivre dans le moment présent. L’application l’a aidé « immensément » à ces égards », a signalé Brian.

C’était la preuve dont Brian avait besoin. « Il n’est pas nécessaire d’avoir recours à un hypnotiseur qui coûte cher pour vous aider avant et après les séances d’entraînement et les compétitions », a soutenu Brian. « Il suffit d’écouter le fichier sonore de l’application lorsqu’on en a besoin! » On peut entendre les paroles de Brian dans l’application, amenant un patineur à visualiser comment il se sent après avoir terminé une épreuve et ressentir la satisfaction d’avoir fait de son mieux. La voix est celle d’Asad Mecci. Elle est plutôt envoûtante.

Beverley Smith

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