Liam Firus trouve sa voie sur la route de Sotchi

Liam Firus, un Vancouvérois âgé de 21 ans, qui glisse de façon enviable sur la glace, peut voir une occasion qui se présente : l’une des trois places que le Canada a obtenues pour les hommes aux Jeux olympiques.

Il veut saisir cette occasion. Le problème, c’est que la route vers Sotchi a été plus cahoteuse pour lui que pour la plupart des autres patineurs.

L’an dernier, Liam a donné la performance de sa vie dans le programme court aux Championnats canadiens, lorsqu’il a réussi son premier triple Axel en compétition et terminé en troisième place dans un fort groupe. Il s’est surpris lui-même, parce qu’il avait lutté contre une blessure à l’aine au cours des semaines menant à l’événement. La performance d’une vie ne se produit pas habituellement après de tels obstacles. Et, ce fut aussi une blessure douloureuse. Il a enduré six injections atroces d’une solution sucrée dans sa blessure, en vue d’enflammer le site, pour rétablir la circulation sanguine où elle était absente et de favoriser la guérison.

Son entraîneure Lorna Bauer et lui avaient considéré son retrait des Championnats canadiens, mais seulement le dimanche avant l’événement, ils ont décidé de s’y rendre. Et, parce que Liam n’était vraiment pas entraîné, le programme long lui a glissé des doigts et il est passé à la cinquième place au classement général. Ce fut néanmoins son meilleur classement au niveau national senior.

Ses problèmes n’étaient pas terminés, loin de là, lorsqu’il est retourné à la maison. Il a immédiatement commencé à travailler avec le chorégraphe Mark Pillay pour concevoir deux nouveaux programmes en vue de la saison olympique et il n’a pas mis pied sur la glace pendant plusieurs mois.

Il a eu six autres injections, à intervalle d’une semaine chacune. Il faisait de la physiothérapie de trois à quatre fois par semaine. Sa vie était axée sur la réadaptation. Il n’est pas retourné sur la glace avant juin. « Ce fut difficile », a-t-il dit. Compte tenu des Jeux olympiques imminents, il voulait s’entraîner à un rythme effréné, mais il savait que ce n’était pas judicieux. « Je savais que si mon aine me causait des ennuis pendant que je m’entraînais pour les Jeux olympiques, je pense que je n’aurais eu aucune chance », a-t-il affirmé. « C’était tellement douloureux et difficile aussi au point de vue mental. »

Il a donc été tenu de se retenir. Il n’a pas recommencé les sauts avant la fin juillet et ceci ne signifiait pas de complets triples Axels, mais des doubles, six mois avant les Jeux olympiques de Sotchi. À la mi-août, il a lentement réintroduit les triples sauts. Au début de septembre, il exécutait finalement des programmes entiers. Cinq mois avant les Jeux olympiques, son entraînement a finalement commencé pour de bon.

Il a décidé de hausser la barre, quittant Vancouver pour s’entraîner à plein temps à Colorado Springs avec Christy Krall, Damon Allen et Eric Shultz, des entraîneurs qu’il avait visités sporadiquement pendant quatre ou cinq ans, ce qui signifiait laisser sa première et seule entraîneure, Lorna Bauer.

Lorna a été une mentore, une force, une « deuxième mère » dans la vie de Liam. Elle l’a fait passer d’un joueur de hockey à un patineur artistique qui glisse de façon ravissante sur la glace. Peu importe qu’au tout début, Liam insistait pour suivre ses leçons de patinage artistique chaussé de patins de hockey. À contrecœur, il a adopté les patins à dents de pointe, les résultats étant prévisibles. Lorna était une entraîneure possédant d’intéressantes compétences : un diplôme en kinésiologie, un certificat d’enseignante d’école secondaire, une carrière de patineuse sous la direction de l’entraîneure membre du Temple de la renommée, Linda Brauckmann, et des qualifications élevées comme pianiste en plus d’avoir fait des études en musique. Et, elle est la sœur de Susan Humphreys, la championne canadienne de 1997.

C’est Lorna qui a insisté pour que Liam se concentre sur ses habiletés de patinage au point de transformer un joueur de hockey en patineur qui glisse magnifiquement sur la glace. « Je patine avec elle depuis l’âge de neuf ans », a précisé Liam. « Je crois vraiment que c’est venu de mon entraîneure, Lorna. Elle m’a fait travailler sur mes habiletés de patinage et comment je pousse de la bonne façon ». Même à présent, la première séance de la journée de Liam porte sur les habiletés de base du patinage et le mouvement du corps, plutôt que sur les sauts. C’est une question d’axe du corps, de vitesse et de carres.

Liam savait qu’il devait s’entraîner avec les meilleurs au monde (Max Aaron, Josh Ferris, Agnes Zawadski, Brandon Mroz, premier homme à réussir un quadruple Lutz) et être motivé par l’atmosphère grisante afin d’aspirer à l’équipe olympique. À Colorado, ses sauts sont devenus plus cohérents. Et Lorna l’a laissé voler de ses propres ailes. « Elle m’a simplement dit de faire le nécessaire pour réussir et être heureux dans ce sport », a-t-il fait observer. Elle restera toujours proche de Liam. Elle l’a accompagné à sa première compétition internationale de l’année à la Coupe de Nice, à la fin octobre. Il a considéré la Coupe de Nice comme une compétition estivale – quelques mois plus tard.

Liam a dû utiliser son temps efficacement pour se rendre là où il est. Il n’a pas eu le temps de poursuivre les quadruples sauts. Il a exécuté un triple Axel dans le programme long en France, puis en a ajouté un second pour le Défi à Regina, un événement pour lequel il a terminé deuxième derrière Andrei Rogozine. « Je n’ai pas eu autant de temps que les autres », a-t-il dit. « Quand tous les autres patineurs concouraient dans une compétition estivale, je ne commençais qu’à exécuter mes programmes. Chaque jour a été une corvée. Je pense que je me suis rattrapé en ce qui concerne l’entraînement et il me reste un peu plus à faire pour me préparer en vue des championnats nationaux et soigner juste tous les détails. »

Liam compte deux nouveaux programmes qu’il adore. Le programme court est exécuté sur le morceau de musique classique romantique français, intitulé Fascination. « Chaque fois que je le fais, j’ai tellement de plaisir », signale-t-il. « J’ai vraiment tenté de jouer le rôle d’un personnage et de faire montre d’une personnalité. »

Le programme long est ambitieux et tout à fait différent : Le Boulon, par Dmitri Shostakovich. « C’est assez extrême, très intense », a affirmé Liam. « C’est une musique intense, très puissante et excellente. »

Le Boulon? Est-ce que ça ne vous dit pas quelque chose? C’était la musique de Brian Orser lorsqu’il a gagné la médaille d’argent aux Jeux olympiques 1988, de Calgary. Bien que Brian ait utilisé la musique quatre ans avant la naissance de Liam, le patineur de Vancouver sait bien ce qui s’est passé, comment c’était un coup de semonce dans la célèbre bataille des Brian. Il espère aussi faire aux Championnats canadiens un effort digne des Jeux olympiques. Il sait que ce sera une dure lutte.

Beverley Smith

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