Patinage Canada planifie pour l’avenir à Saint John

Dan Thompson a jadis escaladé le mont Kilimandjaro, dont les sommets chargés d’histoire ont vaincu de nombreux alpinistes intrépides.

Maintenant, il gravit un autre sommet. « J’aime les défis », affirme-t-il.

Nouveau chef de la Direction générale de Patinage Canada, il est chargé de moderniser l’organisation, du moins pour les deux prochaines périodes quadriennales. M. Thompson a été embauché juste avant les Jeux olympiques de Sotchi, dont la participation est assurée, le Canada comptant le plus gros contingent de 17 des 18 places possibles, plus que toute autre nation.

Mais, la tâche de M. Thompson est d’aller au-delà de cette belle perspective, d’aborder toutes les questions actuelles et futures et de s’assurer simultanément de l’engagement et de la participation de tous les intervenants aux pays. Il préconise la collaboration.

Il s’agit d’établir un plan stratégique pour l’avenir et dimanche, le dernier jour des Internationaux Patinage Canada, il a rencontré une quarantaine d’autres intervenants du domaine du patinage (un large échantillon représentatif des clubs, de grande et de moindres importances, des administrateurs, des entraîneurs, des juges et des athlètes) pour discuter et façonner l’amorce d’un plan stratégique qui dirigera l’association jusqu’en 2022, une année olympique.

M. Thompson est un ancien nageur qui a remporté deux médailles d’or aux Jeux du Commonwealth 1978 et deux médailles d’argent aux Jeux panaméricains 1979, puis il est devenu membre de l’équipe olympique de 1980, seulement pour être exclu des Jeux en raison du boycottage de Moscou à la suite de l’invasion de l’Afghanistan. Il comprend les cœurs brisés. Il comprend aussi le marketing et la planification stratégique. Il a travaillé pour le gourou du marketing et de la commandite, Chris Lang, durant les années 1990 – et était responsable du compte-client du patinage artistique, travaillant avec les représentants de l’Association canadienne de patinage artistique, Bob Howard et David Dore. M. Thompson a aussi fait fonction de président bénévole de Natation Canada pendant quatre ans afin d’aider à restructurer l’association et de créer le plan stratégique pour la natation mais, sauf la natation, il a acquis plus d’expérience du patinage artistique que de tout autre sport.

M. Thompson a récemment fait fonction de président de la Fondation Bon départ de Canadian Tire, aidant à doubler la taille de l’organisme de bienfaisance en un peu plus de cinq ans. Cette fondation réduit les obstacles financiers pour les enfants dont les familles ne peuvent se permettre de les inscrire à un programme de sport. Son escalade du mont Kilimandjaro faisait partie d’une collecte de fonds pour le programme qui a permis de recueillir 250 000 $.

Lorsqu’il est entré en fonction à Patinage Canada, il mentionne que sa première tâche était de dresser un plan stratégique avec des buts et des résultats clairs.

M. Thompson a fait appel à Rose Mercier, une experte-conseil en planification stratégique qui était une ancienne directrice générale de l’Association cycliste canadienne et responsable des programmes d’éducation des entraîneurs pour Natation Canada, pour établir un cadre et guider la conférence. La première étape était un sondage de Patinage Canada mené auprès de 3 000 membres de Patinage Canada, qui posait des questions sur l’avenir du sport au pays, les visions exigées et les étapes nécessaires au succès. Environ 800 membres ont répondu, ce qui représente un bon nombre. Leurs réponses ont servi à amorcer les discussions à la conférence, où environ 40 intervenants étaient réunis.

Le cadre de Roser Mercier était intrigant. Réunissant un groupe varié d’intervenants du patinage (directeurs de petits et gros clubs, administrateurs, entraîneur, parents, anciens athlètes), Mme Mercier a demandé à deux personnes de discuter les réponses, puis à quatre personnes de le faire, cherchant toujours à parvenir à un consensus. Dans une salle de conférence de Saint John, ils se sont répartis en groupes de huit, se posant d’importantes questions à propos des cinq principaux éléments : le patinage pour la vie, patiner pour gagner, la marque de Patinage Canada, le leadership et les partenariats. « Aucun d’entre nous n’est plus astucieux que nous tous réunis », a affirmé Mme Mercier. « Il devrait y avoir des choses qui vous mettent la gorge un peu serrée….Quelles sont les percées que nous devons faire? »

Les groupes ont circulé d’une table à l’autre, restant pour 10 minutes pour traiter des cinq principaux impératifs stratégiques. « C’est un peu comme des rencontres éclair », a ajouté Mme Mercier.

Les questions et les problèmes soulevés à la table étaient nombreux : comment accroître les adhésions et garder les membres actuels engagés? Comment compter plus d’athlètes au sommet? Quoi faire à propos des lacunes (manque de patineurs en couple, manque d’entraîneurs de patinage en couple, manque de leaders, manque de commanditaires, manque de partisans?) Comment stimuler des partenariats significatifs qui seront avantageux pour les deux? Comment pénétrer dans les communautés? Comment remarquer les angles morts? Quels sont les besoins primordiaux?

On a déterminé que Patinage Canada doit mettre en valeur ses programmes d’apprentissage du patinage afin que les Canadiens n’hésitent pas à s’inscrire. Il faut édifier une nation de patineurs. Pourquoi ne pas puiser dans la ressource que représentent 2,6 millions de garçons et 2,5 millions de filles, âgés de 5 à 17 ans au Canada, ce pays d’étangs gelés et de pneus d’hiver? On a aussi discuté du fait que Patinage Canada devrait encourager de façon plus proactive les Canadiens à patiner pendant toute leur vie.

Un autre élément essentiel, d’après M. Thompson, est de bâtir la marque : établir des partenariats mutuellement avantageux. Il semble sage de se tourner vers des partenaires qui peuvent générer des revenus, aider à la prestation des programmes et sensibiliser les gens au sport et aussi de s’associer à un style de vie sain, à la musique ou même la mode.

Ces derniers mois, Patinage Canada a signé quelques nouvelles ententes de commandite, mais son budget annuel est resté le même depuis les dix dernières années. « Il faut continuer à aller de l’avant et à complètement se réinventer », a-t-il dit. « Je crois que nous ne nous sommes pas réinventés au cours de la dernière décennie. Un bon modèle renouvelé de gestion est nécessaire.

Des équipes issues de la réunion de Saint John examineront les idées et rendront compte au conseil pour voir si elles sont sur la bonne voie. D’ici la mi-janvier, elles devront être prêtes à présenter des plans stratégiques au conseil afin d’obtenir son approbation.

Ces plans devront probablement être évolutionnaires et leur portée, large. M. Thompson cherche déjà à combler trois nouveaux postes : un agent en chef du sport qui sera chargé de la haute performance, du perfectionnement de l’équipe nationale, des programmes d’entraînement et peut-être même du déroulement des compétitions ainsi qu’un nouvel agent en chef du marketing et un chef des opérations.

Le message est tout au moins que Patinage Canada ne peut maintenir le statu quo. Le sport devient concurrentiel de même que les autres nations. Les modèles de développement à long terme de l’athlète, qu’adoptent tous les sports, ont poussé tous les sports de glace à devenir plus sophistiqués. Il est temps, à présent, que Patinage Canada fasse de même.

Beverley Smith

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